KOT KÒB ENTELIJANS LAN

C’est en mai 2024 que la presse parlée et écrite lançait une croisade concernant les fonds d’intelligence à la disposition des membres du Conseil présidentiel de transition. Pendant des mois, l’utilisation de ces fonds par les membres de la structure présidentielle a été l’objet d’une curiosité maladive de la part de divers secteurs de la société civile et des médias en ligne en particulier.
À signaler que les remous avaient suivi le renvoi d’un secrétaire général de la Présidence tout au début de la Transition inclusive et apaisée du Conseil.
Quoique globalement budgétisés, les fonds dits d’intelligence destinés à la Présidence, à la Primature, au ministère de la Justice et de la Sécurité publique (PNH), au ministère de la Défense et au ministère de l’Intérieur ne sont pas assujettis à la justification de leurs dépenses (il y a débat sur le sujet).
Par tradition, et ce depuis l’époque du régime des Duvalier, des montants importants et en liquide ont toujours alimenté les « caisses de guerre » de l’État haïtien.
Un bref rappel historique s’impose ici.
Peu de temps après sa prise en charge, Sweet Micky, qui avait promis monts et merveilles au peuple haïtien, annonce à la radio qu’il vient de découvrir un acte de corruption à la Présidence. Des sacs de jute contenant des millions de gourdes venaient d’être déposés à son bureau.
Martelly crie au scandale jusqu’à ce qu’on lui explique que cet argent lui était destiné pour en disposer à sa guise sous la rubrique des dépenses d’intelligence (services de renseignement).
Ayant appris que le Premier ministre recevait ce même type de fonds, Martelly exigea éventuellement (de Laurent Lamothe) qu’on lui remette aussi les fonds destinés à la Primature. Dorénavant, la Primature fit deux (2) requêtes de tirage de fonds spéciaux par mois, juste pour être en mesure de calmer l’appétit du président.
De Martelly à Ariel Henry, ces fonds n’ont jamais cessé d’être remis à la Présidence, à la Primature et aux autres institutions légalement autorisées.
Selon plusieurs sources, il semblerait que Martelly recevait sa part des fonds d’intelligence jusqu’à l’arrivée au pouvoir du CPT.
Comme expliqué au début de cet article, c’est à la suite du renvoi du Palais du représentant de Martelly à la Présidence que la clameur publique s’empara de l’affaire des fonds d’intelligence.
Chose étrange, jamais les locataires de la Primature ne furent embêtés au sujet de l’argent destiné aux activités de renseignement de l’exécutif.
Que ce soit durant le passage d’Ariel Henry (où tout le budget d’intelligence de la République était à la seule discrétion du Premier ministre), que ce soit durant les 21 mois du Conseil présidentiel de transition, la Primature ne fut jamais pointée du doigt à propos de son budget d’intelligence.
De Conille à Alix Didier Fils-Aimé, aucun écho nulle part. Qu’il s’agisse des quinze mois de Fils-Aimé comme Premier ministre du CPT, ou depuis que le chargé d’affaires Wooster lui a remis les rênes de l’exécutif le 7 février 2026, plus de nouvelles des fonds d’intelligence.
Même des défenseurs des droits humains qui hallucinaient sans arrêt au sujet de millions de dollars alloués en fonds d’intelligence aux conseillers ne questionnent plus leur existence.
Et ceci, alors même qu’un dirigeant unique de l’exécutif, comme du temps d’Ariel Henry, est le seul à chanter sur les toits de la Primature.
N’est-ce pas étrange? Ou, comme dirait l’autre : « Est-ce que ça dérange? » Non, cela arrange beaucoup.
Atibon
29 juillet 2026


