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En Haïti, la rentrée scolaire s’annonce difficile pour les familles

Le calvaire des parents haïtiens ne fait que commencer à l’approche de la rentrée scolaire. Confrontés à une crise économique aiguë, largement aggravée par l’insécurité, de nombreux responsables de famille restent dans l’incertitude à quelques jours de la reprise des classes pour l’année académique 2026-2027. Plusieurs affirment déjà que leurs enfants ne pourront pas être présents dès les premiers jours de classe.

Une jeune femme interrogée confirme cette situation. Elle affirme que son fils de trois ans ne pourra pas fréquenter l’école dès la rentrée, en raison notamment des frais exigés par l’établissement préscolaire dans lequel elle a décidé de l’inscrire.

« Je veux que mon fils ait une bonne base, mais je crois que les responsables des établissements préscolaires tirent un peu trop sur la corde », déplore-t-elle.

Au marché de Pétion-Ville, les parents se démènent pour se procurer les fournitures exigées par les établissements scolaires. Dans le brouhaha des marchands et des acheteurs, certains articles deviennent particulièrement recherchés à l’approche de la rentrée. Des matériels didactiques aux produits cosmétiques, en passant par les sacs à dos et les boîtes à lunch, tout ce qui est associé aux besoins des élèves suscite un intérêt accru.

Une commerçante, mère de trois enfants, rencontrée avec plusieurs sacs à dos en bandoulière et des boîtes à lunch entre les mains, explique qu’elle s’est lancée dans cette activité pour pouvoir faire face aux dépenses liées à la rentrée.

« Je tenais une petite boutique chez moi. Je suis obligée d’en laisser la garde à ma fille cadette afin de venir proposer mes produits dans ce marché. Avec la boutique, c’était déjà assez difficile de joindre les deux bouts, mais ce commerce m’a permis d’avancer dans les préparatifs de la rentrée », témoigne-t-elle.

Dans cette effervescence provoquée par la rentrée scolaire, certains parents se montrent toutefois sceptiques, voire critiques à l’égard des autorités publiques. Ils estiment que peu de mesures concrètes ont été prises pour alléger le poids financier qui pèse sur les familles.

Interrogé sur les fonds annoncés par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle pour soutenir les parents, un homme, qui a requis l’anonymat, se montre particulièrement critique.

« Nous ne demandons pas de l’assistanat. Nous voulons que l’État nous garantisse les moyens de répondre à nos besoins. Cette mesure n’est qu’une des manœuvres visant à dilapider les fonds publics, sous prétexte de fournir une assistance directe aux parents », dénonce-t-il.

À proximité, un autre père de famille partage le même scepticisme. « Ces fonds ne nous seraient jamais parvenus. Les hommes du système savent comment se servir de nous pour satisfaire leurs propres intérêts. Et même s’ils nous étaient parvenus, que représentent 15 000 gourdes face à l’inflation ? », S’interroge-t-il.

Pour lui, cette somme demeure largement insuffisante pour couvrir les dépenses d’une famille. « Pour mes deux enfants, cette somme aurait à peine suffi à acheter les sacs et les cahiers. Rien de plus ! », Conclut-il.

Malgré les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles, le gouvernement maintient la date du 7 septembre 2026 pour l’ouverture officielle des classes.

Plongés dans un marasme économique sans précédent et confrontés à une insécurité persistante, les parents haïtiens peinent à trouver les moyens nécessaires pour garantir à leurs enfants un accès régulier à l’éducation. Pour beaucoup, l’entrée scolaire représente ainsi un nouveau défi financier qui vient s’ajouter aux difficultés quotidiennes.

À quelques jours de la rentrée, les familles sont donc contraintes de multiplier les stratégies pour réunir les ressources nécessaires, alors que les conditions économiques demeurent particulièrement difficiles et que les politiques publiques peinent encore à apporter une réponse à la hauteur des besoins.

Dieunel Bellegarde

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