

Depuis la publication du décret électoral provisoire modifié, daté du 2 juin 2026, le paysage politique haïtien est en ébullition. Le texte autorise désormais à se porter candidats des personnes insolvables qui n’ont pas acquitté leurs obligations envers l’ONA et le FDI. Mais c’est surtout la suppression des dispositions interdisant aux personnes sanctionnées par les États-Unis, le Canada et l’Union européenne de participer aux scrutins qui suscite la controverse.
La communauté internationale a réagi avec fermeté. Elle juge ce décret regrettable, voire honteux pour Haïti, et réclame que les candidats à une charge élective aient l’intégrité morale requise pour représenter le pays. Il convient de rappeler que le rapport des experts de l’ONU a été rendu public un jour seulement après la publication du décret, un timing qui n’a échappé à personne.
Dans ce contexte, le Premier ministre semble vouloir ménager la communauté internationale tout en servant les intérêts de ses partisans et de ses alliés, afin qu’ils puissent prendre part à un scrutin qui n’a, à ce jour, ni date ni calendrier. Or, sans accord préalable avec les partis et regroupements politiques et sans chronogramme crédible, aucune élection ne paraît envisageable sous la direction d’un gouvernement dont l’incompétence est de plus en plus manifeste.
Cette situation n’est pas nouvelle. L’ingérence internationale, conjuguée aux errements des autorités dans des décisions clés, nous a conduits à l’impasse actuelle. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, la communauté internationale s’est imposée comme l’arbitre de la vie politique nationale. Rappelons que l’ancien Premier ministre Ariel Henry avait été désigné par un simple tweet du BINUH, un épisode qui en dit long sur le degré de tutelle subi par le pays.
Il est temps de changer la donne. Haïti ne peut continuer à être dirigée par des acteurs étrangers à ses réalités. Il appartient aux Haïtiens de prendre leur destin en main, de bâtir l’unité nationale sans calculs mesquins ni pressions extérieures et de sortir enfin le pays du chaos.
Reste la question essentielle que chaque citoyen est en droit de poser : qui dirige véritablement Haïti, la communauté internationale ou le gouvernement ? Tant que cette question demeurera sans réponse, le CEP risque de n’être que le théâtre d’une comédie politique dont le peuple haïtien paie, une fois de plus, le prix.
Bob Landers Souffrant



