

L’Hôpital Universitaire de La Paix est plein à craquer. Les couloirs, la cour extérieure comme la salle d’attente de la pédiatrie, de la radiographie ou de la sonographie sont submergés. Face à cette situation problématique, les agents de sécurité tentent bien d’imposer des règlements stricts contrôlant les entrées et comptant rigoureusement les visiteurs. Mais la capacité d’accueil est totalement dépassée. Ainsi, le premier obstacle aux soins n’est pas la maladie, c’est la saturation de l’espace incluant le guichet de paiement.
Au cœur de cette foule, le véritable point d’arrêt se situe devant les caisses. Qu’il s’agisse de régler une simple consultation, un examen de radiographie ou une échographie, tous les usagers courent vers ces guichets qui semblent inactifs. La file d’attente transforme le paiement des frais en un véritable casse-tête chinois.
Pour les patients, l’épreuve est bien plus difficile : l’heure d’arrivée définit la validation pour une consultation. Bien que la majorité se présente dès les premières heures de l’aube pour espérer passer à temps, dans l’ombre, des fiches glissent en priorité grâce à des contacts internes. Dans la foule épuisée, la frustration grandit face à ces petites magouilles répétées.
Une membre du personnel soignant, reconnaissable à sa tenue blanche, confirme d’ailleurs cette réalité. Le nombre de consultations autorisées par médecin étant strictement limité chaque jour, le temps perdu à la caisse fait rapidement dépasser ce quota. Alors, de nombreux usagers, après avoir enfin réussi à régler les frais, se voient refuser l’accès aux soins, car le nombre maximal de patients a déjà été atteint.
Cette lenteur administrative a des conséquences directes et dramatiques sur la prise en charge. Une patiente a déclaré : « C’est grâce à une connaissance que j’ai pu faire cet examen radiologique. Depuis deux jours, la file d’attente était trop longue. »
D’après un patient qui fréquente l’hôpital depuis mars, la situation n’a pas bougé d’un iota. Aucune décision concrète n’a été prise par la direction face à cette pénible situation.
Avec ce système, travaillent-ils en réalité à la dégradation de la santé de la population ? Ou sont-ils aveugles au point de ne pas passer dans l’hôpital pour voir la douleur des usagers et la lenteur de cette administration ?
Ornessa Tessie Blanchard



