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Frais scolaires : le fardeau des familles haïtiennes

À l’occasion de la rentrée scolaire, plusieurs familles haïtiennes dénoncent la hausse qu’elles jugent arbitraire des frais de scolarité. Confrontés à une crise économique aiguë, des responsables de famille se disent accablés par les ajustements annuels opérés par certains établissements scolaires.

Une commerçante, mère de deux adolescents, ancienne résidente de la deuxième circonscription de Port-au-Prince et désormais déplacée à Marlique, dénonce la hausse des coûts liés à la scolarisation. Selon cette vendeuse de boissons, la situation économique du pays ne se prête pas à une augmentation des frais scolaires.

« L’accès à l’éducation devient un fardeau de plus en plus lourd pour les familles haïtiennes », déplore-t-elle, soulignant que la majorité de la population est confrontée à la précarité économique.

De leur côté, certains responsables d’établissements privés estiment que la conjoncture économique justifie l’ajustement des frais de scolarité. Un directeur d’une école privée à Pétion-Ville, qui a requis l’anonymat, explique que ces ajustements sont liés à la fluctuation des coûts dans le pays.

« Avant d’être directeur, je suis père de famille et les professeurs qui viennent dispenser les cours le sont aussi. Il faut bien répondre à leurs obligations familiales », soutient-il.

Pour Me Jean David Augustin, la législation haïtienne prévoit pourtant des dispositions encadrant l’augmentation des frais scolaires. Le professionnel du droit évoque notamment la loi du 3 janvier 2017 portant sur la régulation des frais scolaires.

Selon lui, l’article 4 de cette loi prévoit que les établissements scolaires ne peuvent procéder à une augmentation de leurs frais qu’une fois tous les quatre ans.

Me Jean David Augustin rappelle également que la législation interdit aux établissements d’exiger le paiement de frais scolaires en devises étrangères, conformément aux dispositions de la loi portant régularisation des frais scolaires.

Des pratiques qui persistent malgré la loi

Dans les faits, des responsables d’établissements scolaires semblent toutefois disposer d’une marge importante pour modifier les modalités de paiement et augmenter certains frais. Des familles affirment être contraintes de payer en dollars américains certains frais liés à la scolarité ou encore à l’acquisition de matériels didactiques.

Malgré les appels répétés de parents d’élèves, certains établissements continuent ainsi d’appliquer des pratiques qui, selon l’interprétation de la législation rapportée par l’homme de loi, sont interdites.

Cette situation met en évidence les difficultés de l’État haïtien à faire respecter les dispositions qu’il a lui-même établies. Depuis la promulgation de la loi, les parents dénoncent l’absence de mesures suffisamment contraignantes à l’encontre des établissements qui ne respecteraient pas les règles en vigueur.

Si les lois constituent un cadre destiné à garantir une société plus juste et équitable, leur effectivité demeure essentielle pour assurer leur portée. Des familles appellent ainsi les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de contrôle et à faire respecter la réglementation sur les frais scolaires, afin de mettre un terme aux pratiques qu’elles jugent préjudiciables à l’accès à l’éducation.

Dieunel Bellegarde

 

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