POLITIQUE

Le CEP amorce l’inscription des candidats sur fond d’agitation

 

Le Conseil électoral provisoire (CEP) annonce, dans un communiqué, l’ouverture des inscriptions des candidats aux prochaines joutes électorales. Cette période s’étend du 13 au 22 septembre, précise l’institution électorale.

Afin de pallier certaines contraintes et de garantir la continuité du processus dans certaines communes, le CEP indique que les déclarations de candidature pour les postes de député et les collectivités territoriales seront reçues directement auprès des Bureaux électoraux départementaux (BED) concernés. Ainsi, pour les circonscriptions électorales de Carrefour, Gressier, Kenscoff, Cabaret, Cornillon/Grand-Bois, Croix-des-Bouquets, Fonds-Verrettes, Ganthier, Thomazeau et Port-au-Prince III, les pièces seront reçues, sous toute réserve, au BED Ouest 1, selon la note de l’institution.

Toutefois, cette nouvelle étape du calendrier électoral intervient dans un contexte particulièrement tendu. Plusieurs parties prenantes au processus dénoncent des irrégularités qu’elles jugent graves et réclament des mesures rigoureuses de la part du CEP. Certaines estiment également que les conditions sécuritaires du pays ne sont pas réunies pour permettre la tenue des élections.

De son côté, le CEP affirme prendre en considération les préoccupations des différents acteurs engagés dans le processus électoral. Dans cette perspective, certains articles du décret encadrant les élections ainsi que la date butoir des scrutins pourraient faire l’objet de modifications, selon une source proche du Conseil.

Cette nouvelle démarche est accueillie avec réserve dans l’opinion publique et soulève plusieurs interrogations. Le CEP est-il en train de poursuivre sa tergiversation ? Ou les pressions exercées par la Primature l’ont-elles conduit à improviser à un moment particulièrement crucial du processus électoral ?

Alors que le pays n’a pas organisé d’élections depuis près d’une décennie, contribuant ainsi au dysfonctionnement de plusieurs institutions, toute forme d’agitation, d’improvisation ou d’amateurisme à ce stade du processus risque d’aggraver davantage la crise.

Le CEP a le devoir de préserver sa neutralité et la crédibilité du processus. Il lui revient de poursuivre son calendrier tout en exigeant de la Primature les conditions nécessaires à la tenue de scrutins crédibles, libres et sécurisés, plutôt que de donner l’impression de céder à d’éventuelles pressions politiques.

Dieunel Bellegarde

 

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