Des paroissiens de Notre-Dame d’Altagrace appellent l’Église à agir face à la crise sécuritaire


Des chrétiens catholiques engagés et des paroissiens de la paroisse Notre-Dame d’Altagrace de Delmas appellent la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) à adopter une position plus ferme face à l’aggravation de la crise sécuritaire, humanitaire et morale dans le pays. Dans une lettre ouverte adressée à l’archevêque Max Leroy Mésidor, président de la CEH, ils demandent à l’Église catholique de faire entendre sa voix et de contribuer à la recherche de solutions à la crise.
Les signataires se disent particulièrement préoccupés par la violence des groupes armés, qui, selon eux, contraignent des familles à abandonner leurs quartiers, tuent des civils, pillent et incendient des maisons et commettent des violences sexuelles contre des hommes, des femmes et des enfants. Ils alertent également sur la recrudescence des enlèvements, notamment ceux visant des écoliers et des écolières, une situation qui suscite, selon eux, une vive inquiétude dans la zone de Delmas.
Dans leur correspondance, les paroissiens estiment que « le silence n’est plus une option et l’inaction n’est plus permise ». Ils dénoncent également le sentiment d’abandon exprimé par une partie de la population, confrontée à une violence croissante et à l’insécurité.
Pour ces chrétiens, la crise actuelle dépasse le cadre sécuritaire et politique. Elle constitue également, selon eux, une crise morale et spirituelle, alors que la vie humaine, la dignité et la sécurité des familles sont de plus en plus menacées.
Les signataires demandent ainsi à la CEH de porter la voix des victimes, d’interpeller les autorités sur leur responsabilité de protéger la population, de mobiliser les forces vives de l’Église et de la société et de contribuer à un « sursaut national » face à la violence.
Ils considèrent que l’Église catholique, compte tenu de son autorité morale et de son engagement historique auprès de la population, doit continuer à jouer un rôle dans la défense de la vie, de la justice, de la paix et de la dignité humaine.
Dans leur lettre, les paroissiens précisent que leur démarche ne répond à aucune volonté partisane ou de confrontation. Ils disent agir au nom de leur foi chrétienne, de leur attachement à Haïti et de leur devoir de citoyens face à la souffrance de la population.
La correspondance, datée du 11 septembre 2026, est signée notamment par le frère Jean Michelet Simplice, coordonnateur adjoint de la Grande chorale paroissiale Notre-Dame d’Altagrace de Delmas, Sœur Valérie Nadia Victor, coordonnatrice du Groupe Association des chrétiens catholiques, et Sœur Rose Odette Benoît, secrétaire générale du Groupe Fraternité des chrétiens catholiques.
Les signataires concluent leur appel en demandant à Dieu de protéger Haïti, particulièrement les enfants, les personnes vulnérables et les victimes de la violence, tout en sollicitant l’intercession de Notre-Dame d’Altagrace pour guider le pays vers la justice, la paix et la réconciliation.
La Rédaction



