Société

Le RHJS et l’AHPSY scellent une alliance pour briser le tabou de la santé mentale

Dans notre société, la santé mentale demeure trop souvent reléguée au second plan, étouffée par les préjugés et la stigmatisation. Pour inverser cette tendance, le Réseau haïtien de journalistes de la santé (RHJS), représenté par son secrétaire général, Claude Bernard Sérant, et l’Association haïtienne de psychologie (AHPSY), présidée par Gihane Déjoie Mathurin, se sont réunis ce jeudi 1er octobre 2026 dans les locaux du RHJS afin de parapher un protocole d’accord stratégique, lors d’une conférence autour du thème « Briser le silence : raconter son vécu pour lever le tabou de la santé mentale ».

Cet événement marque la reprise des « Jeudis du RHJS » et s’inscrit en prélude à la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre. Ce partenariat formalise une collaboration déjà existante visant à placer la promotion du bien-être psychologique au cœur de l’agenda public et de l’information journalistique.

Pour approfondir la question, la présidente de l’AHPSY, Gihane Déjoie Mathurin, a rappelé que la santé mentale revêt autant d’importance que la santé physique. « Le silence est une forme de communication, mais un silence prolongé peut provoquer de nombreuses pathologies physiques », a-t-elle averti, insistant sur le fait que la santé mentale ne réside pas dans l’absence de problèmes, mais dans la capacité à faire face aux épreuves de la vie.

Mme Mathurin a vivement encouragé la population à exprimer ce qu’elle ressent afin de prévenir des drames comme la dépression et le suicide. « On ne peut pas être fort tout le temps. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais une réalité humaine », a-t-elle souligné, appelant à briser les barrières liées au tabou.

Pour apporter une réponse concrète aux besoins de la population, l’AHPSY met à disposition une ligne d’écoute anonyme. Ce service offre jusqu’à trois appels d’orientation gratuits, permettant d’évaluer la situation avant de référer la personne vers un psychologue si son état le nécessite. L’association organise également des tables rondes offrant un espace sécurisé où chacun peut partager son vécu sans crainte d’être jugé ou de subir des préjudices.

De leur côté, les journalistes sont appelés à jouer un rôle moteur dans cette dynamique. À travers ce protocole, le RHJS entend inciter les spécialistes à sortir des cabinets pour aller vers le grand public, tout en interpellant les autorités étatiques afin qu’elles prennent à bras-le-corps la question de la psychologie et de la santé mentale dans le pays. Qu’il s’agisse du suivi des apprentissages des enfants ou des traumatismes liés à l’environnement sécuritaire, les médias disposeront désormais de relais experts pour informer et éclairer la population.

Ornessa Tessie Blanchard

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