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Mobilisation des commerçants du secteur informel

À l’initiative du Collectif des citoyens du secteur informel haïtien et des petites entreprises, plusieurs centaines de commerçants et marchands ont manifesté, le mardi 13 octobre 2026, à Port-au-Prince, pour réclamer l’attribution immédiate de subventions financières. Venus exprimer leur désarroi devant le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), les manifestants ont été sommés d’interrompre leur parcours par des agents de la Police nationale d’Haïti.

Confrontés à une faim grandissante et à l’absence totale de moyens pour faire fonctionner leurs commerces, les manifestants, notamment des marchands de nourriture, ont fait entendre leur colère en frappant sur leurs ustensiles de cuisine. Ce geste s’explique par la faim qui les touche directement, signifiant que ces outils ne leur servent plus à préparer à manger faute de ressources. À bout de souffle, les marchands se plaignent de ne plus pouvoir avancer face à cette situation dramatique. Débordés par la crise, ils ont souligné que, s’ils avaient encore la possibilité de faire tourner leurs activités, ils ne se seraient pas retrouvés contraints de manifester dans la rue.

Pour faire entendre leurs revendications, les protestataires se sont d’abord rassemblés au Champ de Mars avant d’emprunter l’avenue Charles Sumner pour se rendre devant les locaux du ministère des Affaires sociales et du Travail, où ils se sont installés à découvert sous un soleil de plomb dès 11 heures du matin.

Sur le plan des demandes financières et administratives, même si des pourparlers demeurent en cours auprès du ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), les protestataires exigent des engagements fermes et un déblocage sans délai. Ils sollicitent une aide financière directe variant entre 150 000 et 200 000 gourdes en vue de recapitaliser leurs activités à la suite de leur déplacement forcé.

Par ailleurs, la colère monte face aux promesses manquées de la Caisse d’assistance sociale (CAS). Cet organisme d’État s’était engagé à soutenir un groupe initial de 300 marchands plusieurs mois auparavant, sans qu’aucune concrétisation ni prise en charge réelle n’ait vu le jour à ce stade.

Privés de fonds de roulement, ces pères et mères de famille mettent en avant la détresse sociale du secteur, précisant que leurs enfants restent bloqués à la maison, hors des salles de classe.

Alors que le rassemblement se tenait devant le ministère, des agents de l’UDMO sont intervenus sur les lieux pour sommer la foule d’interrompre le mouvement, signifiant aux participants qu’ils ne pouvaient pas continuer.

C’est ainsi, sous les menaces des policiers, que la manifestation a finalement pris fin sur la route de Bois-Verna.

Face à cette situation, M. Boileau, coordonnateur du Collectif des citoyens du secteur informel haïtien et des petites entreprises, donne rendez-vous le jeudi 15 octobre pour une autre mobilisation encore plus concrète sur le terrain, afin de contraindre l’État à entendre les cris d’alarme de cette population aux abois.

Ornessa Tessie Blanchard

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