Culture

Accusé d’avoir écrit son roman par IA, Thélyson Orélien nie, mais admet des plagiats

Mis en cause depuis trois semaines, l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a rompu son silence ce mardi 13 octobre. Dans une lettre adressée à l’AFP, il rejette l’accusation d’avoir fait écrire par une intelligence artificielle son roman C’était ça ou mourir (Grasset), mais reconnaît avoir copié des auteurs dans le passé et s’en excuse.

L’affaire a démarré fin septembre, lorsque le compte X « Balance ton Claude » a dénoncé un usage massif de l’IA générative dans ce livre, l’un des succès de la rentrée littéraire française. Face à la polémique, l’éditeur québécois Boréal a suspendu la tournée du roman le 25 septembre. Deux jours plus tard, l’auteur a interrompu ses rencontres en France et est retourné au Québec, sans s’exprimer publiquement jusqu’ici.

Dans son texte, intitulé « Ce roman que j’ai écrit », l’auteur de 38 ans qualifie les accusations de calomnie. Il admet n’avoir utilisé des outils numériques que ponctuellement, pour des recherches, notamment sur des expressions étrangères, et assure qu’aucune phrase n’a été générée par une machine. Il présente le livre comme le fruit de sa propre expérience d’exil.

Il situe le début de l’écriture à l’automne 2017, au Québec, où il vit depuis 2010 après avoir quitté Haïti, et dit avoir bouclé une première version en 2019. Il ne fournit toutefois aucune preuve de cette chronologie.

Sur un autre point, il est plus catégorique : il reconnaît avoir plagié des auteurs établis après son arrivée au Canada, parle d’« erreurs inacceptables » commises avant la parution du roman et présente des excuses « sans réserve ».

Le roman reste en librairie. Il faudra maintenant voir si les maisons d’édition maintiennent leur soutien à l’auteur et si ses excuses suffiront à rassurer des lecteurs qui, pour certains, attendent des preuves.

Entre l’aveu de plagiats anciens et le déni de toute écriture automatisée, Thélyson Orélien demande au public de le croire sur parole. Dans une rentrée littéraire où l’intelligence artificielle s’invite désormais dans le soupçon, la confiance entre un auteur et ses lecteurs devient, elle aussi, une œuvre à reconstruire.

Padéïssa Dodin

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