

Lors de son installation, jeudi 24 septembre 2026, le nouveau président du Conseil électoral provisoire (CEP), Peterson Pierre-Louis, a appelé à la mise en place de conditions de sécurité permettant aux citoyens, aux candidats et au personnel électoral de participer au scrutin. Le successeur de Jacques Desrosiers insiste également sur le dialogue avec les acteurs politiques et sur une meilleure coordination entre les institutions.
Le Conseil électoral provisoire change de direction. Peterson Pierre-Louis a été installé jeudi à la présidence du CEP, lors d’une cérémonie organisée dans les locaux de l’institution, à Pétion-Ville. Il succède à Jacques Desrosiers et devient le troisième président du CEP depuis l’installation du bureau en octobre 2025.
Les conseillers électoraux s’étaient entendus, le 8 septembre, sur la nouvelle composition du bureau exécutif. Jusque-là secrétaire général, Peterson Pierre-Louis accède à la présidence. Jaccéus Joseph conserve son poste de vice-président. Nemrod Sanon, ancien trésorier, devient secrétaire général, tandis que Schnaïda Adély fait son entrée au bureau exécutif comme trésorière.
La nouvelle direction du CEP prend les commandes dans un contexte marqué par des critiques sur la gestion de certains dossiers sous Jacques Desrosiers, notamment autour d’un manque de concertation. Dans son discours d’installation, Peterson Pierre-Louis insiste, pour sa part, sur le dialogue, la concertation et la responsabilité collective : « Le processus électoral ne peut être la responsabilité du Conseil électoral provisoire seul », a déclaré le nouveau président. Il appelle les institutions de l’État, les partis politiques, la société civile, les médias et les forces de sécurité à contribuer à la réussite du processus.
La question sécuritaire occupe une place importante dans le discours de Peterson Pierre-Louis. Alors que plusieurs structures politiques demandent une amélioration des conditions de sécurité avant la tenue des élections, le président du CEP estime que la réussite du processus nécessitera notamment des moyens adéquats, un accompagnement logistique et des conditions de sécurité.
Peterson Pierre-Louis s’adresse également aux Forces armées d’Haïti et à la Police nationale d’Haïti. Il leur demande de faire preuve de professionnalisme, de discipline et de neutralité. La sécurité électorale doit, selon lui, contribuer à protéger les citoyens, les candidats, les agents électoraux, les bureaux de vote et le matériel électoral.
Le nouveau président du CEP souhaite aussi renforcer les relations avec les partis et groupements politiques. Il promet un espace de dialogue pour entendre leurs préoccupations, recevoir leurs observations et expliquer les décisions prises par l’institution. En retour, Peterson Pierre-Louis appelle les acteurs politiques à respecter les procédures, à rejeter la violence et l’intimidation et à contribuer à un climat favorable à la participation citoyenne.

Peterson Pierre-Louis fait également de la professionnalisation de l’administration électorale l’une de ses priorités. Il souhaite une institution plus compétente, plus efficace et davantage orientée vers le service au citoyen. Il demande aux cadres et employés du CEP, ainsi qu’aux structures départementales et communales, de faire preuve de professionnalisme, d’intégrité, de neutralité et de sens du service public.
Le nouveau président annonce aussi une attention particulière à la participation des jeunes et des femmes, notamment à travers la formation et l’éducation civique. La diaspora haïtienne figure également parmi ses préoccupations. Peterson Pierre-Louis souhaite engager une réflexion sur les conditions de sa participation au processus électoral, dans le respect du cadre légal.
À moins de trois mois du scrutin annoncé pour le 13 décembre, la nouvelle direction du CEP devra donc poursuivre les préparatifs électoraux tout en composant avec les préoccupations liées à la sécurité. Pour Peterson Pierre-Louis, la réussite du processus dépendra d’une responsabilité partagée entre le CEP, les institutions de l’État, les acteurs politiques, les forces de sécurité et la population.
Dken



