Énième report des élections : l’aveu d’incapacité du gouvernement à finaliser le processus ?


Le processus électoral haïtien va connaître un nouveau ralentissement. Un nouveau décret électoral est actuellement en préparation, à la suite des préoccupations exprimées par plusieurs acteurs impliqués dans le processus, ainsi que du report des joutes électorales par le Conseil électoral provisoire. Cette perspective suscite déjà des contestations, notamment au sein de la plateforme politique Delivrans, qui accuse le pouvoir de vouloir façonner les règles électorales à son avantage.
Regroupant 17 partis et organisations politiques, Delivrans dénonce un projet de décret dont certaines dispositions seraient, selon elle, favorables au groupement politique soutenu par l’Exécutif. La plateforme met notamment en cause les mécanismes d’exonération prévus pour les groupements réunissant une cinquantaine de partis, une disposition qu’elle considère comme révélatrice d’un dispositif taillé sur mesure.
« Nous ne présenterons pas nos candidats dans les conditions actuelles », affirme la vice-présidente de Delivrans, Djina Guillet Delatour. Elle réclame une modification du décret électoral et met en garde contre toute décision unilatérale du gouvernement, alors que des consultations et des rencontres de validation sont déjà engagées avec les différents partis et groupements participant au processus.
Au-delà des règles électorales, Delivrans remet également en question la capacité du pays à organiser des élections dans le contexte sécuritaire actuel. Pour Djina Guillet Delatour, les conditions ne sont pas réunies pour garantir un scrutin crédible et sécurisé. Elle estime même que l’insécurité pourrait être utilisée comme un instrument de conservation du pouvoir.
La dirigeante politique appelle ainsi l’Exécutif à concentrer ses efforts sur le rétablissement de la sécurité avant de poursuivre le calendrier électoral.
À mesure que les échéances se rapprochent, les incertitudes s’accumulent donc autour du processus. Entre les modifications annoncées du cadre légal, les désaccords entre acteurs politiques et la dégradation persistante de la situation sécuritaire, la perspective d’un nouveau report des élections soulève une question centrale : le gouvernement est-il encore en mesure de respecter son propre calendrier électoral ?
Dieunel Bellegarde



