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CONEHQ et NOU KONSYAN dénoncent la gestion du gouvernement et prévoient des mobilisations

Lors d’une conférence de presse conjointe tenue ce lundi 28 septembre 2026, le Collectif national des enseignants haïtiens pour une éducation de qualité (CONEHQ) et l’organisation sociopolitique NOU KONSYAN ont dénoncé la gestion du gouvernement face à l’aggravation de la crise multidimensionnelle qui frappe le pays, tout en annonçant de prochaines actions de mobilisation.

Le porte-parole du CONEHQ, Jean Ronald Olycé, a décrit une situation critique au sein du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), qu’il accuse d’être « pris en otage par des partis politiques ». Selon le collectif, cette politisation engendre des conflits internes paralysants, notamment entre le ministre Vijonet Déméro et le directeur général, en raison d’un cabinet ministériel composé de membres issus de formations politiques distinctes.

Sur le plan des revendications syndicales, le gouvernement n’aurait honoré aucun des engagements pris dans l’accord de janvier 2025, qui concernaient notamment l’octroi de cartes de débit, l’ajustement salarial et la nomination des enseignants. De plus, le 14e mois de salaire, les arriérés du mois d’août ainsi que les allocations trimestrielles des professeurs resteraient impayés.

Concernant les promesses d’accompagnement social, le CONEHQ affirme que, sur les 2,5 milliards de gourdes annoncés par le gouvernement pour appuyer les parents d’élèves, aucune enveloppe n’a été distribuée aux bénéficiaires. Le collectif pointe également du doigt la gestion du Fonds national de l’éducation (FNE), estimant que, malgré les millions de gourdes mobilisés, aucun résultat n’est visible dans les écoles publiques. Face à cette situation, le CONEHQ affirme avoir adressé une lettre officielle à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) pour demander l’ouverture d’une enquête sur les dépenses du FNE.

Face à ces constats, le collectif confirme l’absence des enseignants dans les salles de classe et envisage le lancement d’une mobilisation générale si l’ensemble de ses revendications ne sont pas satisfaites.

Parallèlement, la structure sociopolitique NOU KONSYAN estime que les conditions d’un scrutin crédible ne sont pas réunies, mettant en avant le blocage des trois principales routes nationales et l’insécurité qui, selon elle, paralyse plus de 22 circonscriptions électorales. L’organisation dénonce également de graves dysfonctionnements au sein du Conseil électoral provisoire (CEP), évoquant notamment le cas de son porte-parole, Makenson Jean-Baptiste, qui se serait retrouvé inscrit à son insu sur la liste d’un parti politique, sans savoir par quel moyen.

Dans son intervention, Hefna Loraque, membre de NOU KONSYAN, a annoncé que l’organisation adressera prochainement une correspondance officielle à la directrice de l’ULCC ainsi qu’à l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) pour exiger la poursuite et la finalisation des audits sur l’utilisation des fonds PetroCaribe. Déplorant le manque de volonté politique pour intégrer pleinement les femmes aux postes de décision, NOU KONSYAN insiste sur la nécessité d’une participation citoyenne active des femmes et lance un appel à la jeunesse pour qu’elle s’implique davantage dans la vie politique du pays.

Ornessa Tessie Blanchard

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