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La société civile se substitue aux carences de l’État

Lors d’une conférence de presse tenue, le mercredi 7 octobre 2026 dans les locaux de l’Organisation d’Aide Sociale Contre la Pauvreté (ORASCOP), les dirigeants de cette structure sont revenus en détail sur le suivi des programmes de soutien financier destinés aux parents d’élèves et sur la gestion des subventions scolaires à travers le pays.

À cette occasion, le coordonnateur général de l’ORASCOP, Jhonny Samedy, et le contrôleur financier, Sonel Benjamin, ont confirmé le démarrage officiel des transferts d’argent via les plateformes MonCash et NatCash. Ces allocations, destinées aux parents d’enfants scolarisés dans les écoles nationales, visent à apporter une aide financière directe aux familles les plus vulnérables.

Les intervenants ont salué la diligence du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), rappelant que l’institution avait acheminé à temps les dossiers au Fonds d’assistance économique et sociale (FAES). Selon eux, les quelques retards enregistrés dans la réception des virements découlent essentiellement de lourdeurs administratives au sein de la fonction publique ou d’erreurs de conformité, notamment lorsque des numéros de téléphone sont enregistrés sous d’autres identités.

Afin d’éviter toute confusion au sein de l’opinion publique, l’ORASCOP a tenu à préciser la distinction entre les différents programmes gouvernementaux. Les transferts en cours concernent exclusivement le réseau éducatif public sous la tutelle du MENFP, tandis que les allocations relevant du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) répondent à un autre schéma de gestion.

Les responsables ont vivement fustigé la gestion des dossiers au niveau du MAST, invitant les citoyens lésés à adresser directement leurs réclamations aux autorités de ce ministère.

Par ailleurs, l’organisation a exprimé de vives inquiétudes quant au fonctionnement d’autres entités liées au secteur éducatif, notamment le Fonds national de l’éducation (FNE) et le Programme national de cantines scolaires (PNCS).

L’ORASCOP dénonce la lenteur accumulée dans le traitement des demandes de subvention soumises par les directeurs d’écoles auprès du FNE et exige un suivi rigoureux de la part des décideurs. Concernant le PNCS, l’organisation s’interroge sur les circuits de distribution des vivres dans les établissements et met en garde contre toute tentative d’instrumentalisation de la nourriture scolaire à des fins de campagne politique.

Cette prise de parole publique met en lumière une problématique centrale concernant le fonctionnement des institutions : est-il normal que des organisations de la société civile doivent continuellement faire pression sur l’État pour que ses propres tâches administratives soient exécutées ?

En se positionnant comme contrôleurs et intermédiaires entre la population et les ministères, ces regroupements citoyens exposent les faiblesses de la communication officielle et les carences de l’appareil étatique. Sans la vigilance permanente de la société civile, certaines responsabilités de l’État risqueraient ainsi de rester prisonnières du silence administratif.

Cela confirme une triste réalité : l’État n’agit plus de lui-même, il faut désormais le pousser pour qu’il travaille.

Ornessa Tessie Blanchard

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