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L’AHDEN place la science au cœur des solutions d’Haïti

Sous le thème « Mettre la science au service du développement humain durable », l’Association haïtienne de droit de l’environnement (AHDEN) a tenu sa journée scientifique ce dimanche 18 octobre 2026 à l’Auditorium Saint-Louis Roi de France.

Réunissant chercheurs, professionnels de la presse et acteurs de la société civile, l’événement a été marqué par les propos de l’invité, M. Dély Edrice, et par une mise en contexte incisive de l’agronome Jean-André Victor, qui a invité la nation à rompre avec l’improvisation pour s’appuyer sur des bases scientifiques solides.

Dès l’ouverture des travaux, l’agronome Jean-André Victor a axé son intervention sur les plus grosses failles qui entravent le développement d’Haïti. Selon lui, tout changement véritable doit d’abord s’opérer dans les mentalités et les modes de pensée. L’orateur a martelé qu’il est illusoire d’espérer surmonter les crises multiples qui asphyxient le pays sans faire appel à la science et à la rigueur méthodologique.

« Investir sans s’appuyer sur des bases scientifiques s’apparente à jeter de l’eau dans un panier. Les résultats escomptés ne viennent pas, ce qui alimente le découragement et la défiance envers les compétences », a soutenu M. Victor. Évoquant des ouvrages de référence tels que L’Effondrement de Jared Diamond, il a souligné l’urgence pour le pays de rompre avec l’improvisation. Interrogé en marge de l’événement sur la nécessité d’agir de concert avec les institutions, l’agronome a plaidé pour l’émergence d’un État stratège capable de planifier à long terme et d’orienter les investissements vers des projets concrets, illustrant son propos par l’image forte d’une usine en Haïti capable de monter des motocyclettes avec des panneaux solaires.

Présent à cette journée scientifique, l’ancien sénateur Patrice Dumont a pris part aux échanges et s’est exprimé sur les analyses présentées. Apparemment, l’ancien parlementaire s’intéresse désormais de près aux questions de développement, un engagement qui interpelle certains observateurs au regard de son parcours législatif passé. Il a toutefois souligné l’importance de faire résonner ce type de message auprès d’un large public pour que les consciences s’éveillent et que les recommandations scientifiques trouvent un écho favorable dans la société.

Les discussions ont également mis en lumière l’impératif de réformer les secteurs vitaux du pays pour conjurer les risques d’effondrement. Qu’il s’agisse de la gestion de l’agriculture, des ressources en eau, des infrastructures énergétiques ou de la protection des sols face à l’érosion et à la dégradation de la biodiversité, les intervenants ont insisté sur la nécessité absolue d’aligner les pratiques nationales sur des méthodes scientifiques avérées.

La journée s’est poursuivie à travers trois panels thématiques majeurs qui ont permis d’approfondir les axes stratégiques de l’événement. Les discussions ont tourné autour du rôle primordial des ressources humaines et de la formation dans la mise en œuvre des politiques publiques, de la gestion des ressources minières couplée à la protection de l’environnement à travers des initiatives concrètes de préservation des aires protégées, ainsi que de l’apport indispensable de la recherche et du développement face aux vulnérabilités écologiques du pays.

Fort du succès de cette première activité, les organisateurs ont indiqué que d’autres journées scientifiques sont d’ores et déjà prévues, notamment des sessions de vulgarisation et de sensibilisation destinées au grand public et aux jeunes afin de pérenniser cet espace de réflexion et d’échanges.

En clôturant cette journée, l’AHDEN a réaffirmé que la science constitue le véritable levier de transformation institutionnelle pour guider durablement Haïti vers la voie du progrès.

Ornessa Tessie Blanchard

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