

Une grave crise de qualité du carburant frappe de plein fouet le secteur du transport et les automobilistes. De l’essence fortement altérée est actuellement distribuée sur le territoire national. Selon les révélations de M. Pétrus Lerice, administrateur général du Syndicat du Transport Terrestre Haïtien (STTH), ce carburant, plus précisément la gazoline, cause des dégâts mécaniques majeurs et plonge les propriétaires de véhicules dans de véritables cauchemars financiers. Alors que les garages se remplissent, le silence persiste du côté des autorités, ce qui alimente l’incompréhension et la colère au sein de la population.
D’après les évaluations effectuées sur le terrain, les pannes ne surviennent pas immédiatement après le plein, mais au fur et à mesure que le carburant contaminé circule dans le moteur. Sur les motocyclettes (2T et 4T), l’essence forme une mousse anormale au niveau du carburateur. Elle provoque le blocage des valves et une coupure brusque du moteur en pleine circulation, ce qui pose un danger pour la sécurité routière. Sur les véhicules à quatre roues, le produit détruit les injecteurs et détériore gravement les valves, jusqu’à paralyser complètement les moteurs. D’après M. Lerice, pour le moment, seul l’ajout d’un traitement dans l’essence pourrait aider, tout en se plaignant du coût déjà excessif du carburant, auquel s’ajoute désormais l’achat d’un traitement à chaque plein. Toutefois, plusieurs citoyens affirment que ce traitement ne produit aucun effet face à la sévérité de cette contamination.
Après les constats effectués, le problème ne proviendrait pas d’une station-service ou d’une enseigne en particulier, mais directement des camions citernes de livraison ou des dépôts de stockage. Il a été remarqué que la gazoline est le seul produit touché, alors qu’elle est le carburant le plus utilisé par la classe moyenne. En revanche, le diesel reste épargné pour l’instant. Les hauts fonctionnaires et les véhicules de l’État fonctionnant quasiment exclusivement au diesel, les dirigeants se retrouvent ainsi préservés des conséquences directes subies par la population.
Le syndicat pointe du doigt l’irresponsabilité du ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI). L’institution est accusée de faillir à sa mission légale, qui consiste à contrôler la conformité et à inspecter avec prudence la qualité des produits stratégiques importés avant leur mise sur le marché. Les syndicalistes comptent faire valoir leurs droits au sein du Conseil de recommandation sur les produits pétroliers. En attendant, M. Pétrus Lerice rappelle fermement que le syndicat n’est pas le porte-parole du gouvernement, en déclarant : « C’est à l’État de prendre ses responsabilités, de sortir de son silence et d’informer officiellement la population sur la nature exacte du problème, ses causes et les mesures de rectification envisagées. »
Un problème écologique majeur se pose également : on ne peut pas jeter cette essence contaminée dans la nature ou dans la mer. Par ailleurs, il a été confirmé que les autorités concernées sont déjà au courant de cette situation. D’après l’administrateur du syndicat, une réunion devait se tenir le mardi 15 septembre à 14 h 45 sur cette crise, mais celle-ci aurait peut-être été reportée. Les usagers et les professionnels restent concentrés et attendent les solutions qui seront prises face à ce problème.
Ornessa Tessie Blanchard



