Société

Couche d’ozone pourquoi cette journée concerne aussi Haïti

Le 16 septembre marque la Journée internationale de la préservation de la couche d’ozone. Derrière cette commémoration se trouve une histoire environnementale porteuse d’une leçon essentielle : lorsqu’une menace est identifiée par la science et que les États décident d’agir collectivement, il est possible d’inverser une situation préoccupante.

Adopté en 1987, le Protocole de Montréal a organisé l’élimination progressive des substances responsables de l’appauvrissement de la couche d’ozone. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les mesures prises dans le cadre de cet accord ont placé la couche d’ozone sur une trajectoire de rétablissement au cours de ce siècle.

Une journée qui dépasse la seule question de l’ozone

La couche d’ozone constitue une protection naturelle contre une partie des rayonnements ultraviolets du Soleil. Sa dégradation représente donc un enjeu pour la santé humaine, les écosystèmes et l’agriculture.

Mais cette journée prend aujourd’hui une dimension supplémentaire puisqu’elle rejoint également la lutte contre le changement climatique.

Le secteur du froid en est un exemple. Réfrigérateurs, climatiseurs et équipements de conservation sont indispensables dans nos sociétés, particulièrement lorsque les températures augmentent. Pourtant, certains fluides frigorigènes utilisés dans ces équipements sont de puissants gaz à effet de serre.

C’est pourquoi l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal vise notamment à réduire progressivement l’utilisation des hydrofluorocarbures (HFC). Ces substances ne détruisent pas la couche d’ozone, mais contribuent fortement au réchauffement climatique.

La protection de la couche d’ozone rappelle ainsi une réalité importante : les différentes crises environnementales sont liées.

Et Haïti dans cette histoire ?

Pour Haïti, la question est loin d’être abstraite.

Le pays est confronté à des défis environnementaux qui touchent directement la vie quotidienne : dégradation des écosystèmes, déforestation, érosion des sols, vulnérabilité des zones côtières, pression sur les ressources en eau et exposition aux événements météorologiques extrêmes.

Dans ce contexte, la question climatique ne devrait pas être considérée comme une préoccupation réservée aux grandes puissances ou aux conférences internationales.

Elle concerne l’agriculteur qui dépend des pluies, le pêcheur qui dépend de la mer, la famille confrontée à la chaleur, le commerçant qui doit conserver ses produits, l’hôpital qui doit maintenir certains médicaments à bonne température et chaque communauté exposée aux risques environnementaux.

La préservation de l’environnement devient donc aussi une question de santé, d’alimentation, d’économie et de sécurité humaine.

La chaleur et le paradoxe du refroidissement

À mesure que les températures augmentent, les besoins en climatisation et en réfrigération augmentent également.

Le défi consiste alors à trouver un équilibre : comment permettre aux populations de se protéger de la chaleur sans contribuer davantage au réchauffement de la planète ?

Cette question est particulièrement pertinente pour un pays comme Haïti, où l’accès à l’électricité, aux équipements de refroidissement et aux technologies plus performantes demeure un enjeu majeur.

La transition vers des équipements plus efficaces et des solutions de refroidissement ayant un impact climatique moindre représente donc à la fois un défi environnemental et une opportunité de modernisation.

Une leçon pour Haïti

La Journée internationale de la préservation de la couche d’ozone ne devrait pas être uniquement une date inscrite au calendrier environnemental.

Elle devrait nous pousser à réfléchir à notre propre capacité à prévenir, réglementer, sensibiliser et agir.

L’expérience du Protocole de Montréal démontre qu’une réponse collective peut produire des résultats à l’échelle mondiale.

Pour Haïti, l’enjeu est de ne pas attendre que les conséquences deviennent irréversibles pour considérer l’environnement comme une priorité.

Préserver nos arbres, nos sols, nos eaux et nos écosystèmes, améliorer la gestion des déchets, favoriser des technologies moins polluantes, sensibiliser les jeunes et renforcer les politiques environnementales : toutes ces actions participent d’une même responsabilité.

La couche d’ozone est située à des kilomètres au-dessus de nos têtes. Mais sa protection nous rappelle une chose très terrestre : notre avenir dépend de notre capacité à prendre soin du vivant.

Le 16 septembre est donc plus qu’une journée de sensibilisation. C’est le rappel qu’une alerte entendue à temps peut encore devenir une victoire environnementale.

Came Stefada Poulard

 

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button