

Au camp de déplacés du Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), à Delmas 33, beaucoup de femmes et de fillettes démunies survivent dans une insécurité atroce, victimes d’agressions physiques et sexuelles répétées. Malgré la douleur intense de ces survivantes, le Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes brille par son absence absolue, n’offrant ni visite, ni secours médical, ni accompagnement psychologique.
Derrière la deuxième barrière de ce camp, le constat est dévastateur. L’odeur de la marijuana masque le désespoir. Des fillettes déscolarisées errent toute la journée, là où leur innocence croise quotidiennement le chemin d’une violence permanente, entre insultes, agressions physiques et violences sexuelles.
Dans ce camp où aucune structure sanitaire n’a été déployée, les séquelles physiques demeurent irréparables. C’est le cas d’une résidente sauvagement frappée au visage. Faute d’assistance médicale en urgence, elle a perdu l’usage d’un œil. Elle nous explique comment cette tragédie a affecté son autonomie financière :
« Je faisais tout moi-même, je vendais tous les jours dans les rues. À cause de mon œil, je ne peux plus aller vendre parce que l’œil me pose beaucoup de problèmes. C’est grâce à la générosité de quelqu’un que je peux m’offrir des antidouleurs. »
Laissée à elle-même, elle ne doit son soulagement qu’à la solidarité d’un proche, illustrant la carence d’aide publique ou humanitaire.
La violence sexuelle est tout aussi présente. Pour avoir refusé les avances d’un homme, une survivante a été violée. Elle essaie de se reconstruire loin de toute aide psychologique et sociale. Elle nous a expliqué qu’elle ne comprenait pas ce qui avait pris à cet homme. Ce soir-là, alors qu’elle dormait dans son abri et avait refusé d’avoir un rapport sexuel, l’homme s’est jeté sur elle.
Le comité de gestion du camp tente d’établir un semblant d’ordre, mais sans succès. Cette impuissance a été confirmée par un responsable éducatif : « Sans alerte directe de la part des victimes, on ne peut pas intervenir. »
C’est précisément là que ces femmes nécessitent l’intervention du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, afin de leur apporter protection juridique, confiance et prise en charge médicale et psychologique. Avec beaucoup de désespoir, les résidentes ont signalé qu’aucun représentant du ministère n’a jamais mis les pieds dans le camp.
Après avoir fui les armes dans leurs quartiers, elles sont aujourd’hui condamnées à l’oubli et à la violence en raison de la démission pure et simple des autorités.
Ornessa Tessie Blanchard



