« Mon Héros, mon modèle », une première édition saluée pour sa portée citoyenne et culturelle


La finale et la remise des prix du concours national « Mon Héros, mon modèle », organisé par MascAyiti en collaboration avec Focus, se sont tenues ce samedi 26 septembre 2026 à la Direction nationale du livre (DNL), sur la route de Bourdon, de 14h30 à 20h.
L’événement a été marqué par une riche entrée en matière des finalistes des catégories bande dessinée, littérature française et littérature haïtienne, ainsi que par une séance de live painting. L’artiste Jérémy Kelsens, finaliste et participant à cette performance, a décrit cette occasion comme un honneur et une opportunité qu’il n’aurait pu espérer meilleure. Il a salué un concours à la fois exigeant et porteur d’un véritable objectif. Auteur et poète, il a profité de l’occasion pour remercier MascAyiti pour cette initiative et dit espérer participer aux prochaines éditions, avec l’ambition de l’emporter.
Son collaborateur, l’artiste en arts visuels Jacqueson Vilashad, a, de son côté, livré un conseil aux jeunes présents : projeter leurs rêves et leur vision afin de mieux les atteindre. Reprenant les mots de ses parents, « la vie ne fait pas de cadeau, il faut travailler », il a insisté sur la constance dans l’effort comme chemin vers la perfection.
Prenant la parole au nom du directeur général de la DNL, Stéphania Duchelle a rappelé qu’à chacun son héros et que celui-ci se reconnaît dans la force et l’intégrité déployées au quotidien, la rigueur de son engagement et sa capacité à inspirer les générations futures. Elle a souligné que l’association entre MascAyiti et la DNL relève d’une évidence institutionnelle et d’un devoir républicain, prolongement naturel de la mission de l’institution. En offrant cette plateforme à la jeunesse, la DNL remplit son rôle de catalyseur en amont de la chaîne du livre, en encourageant l’émergence de nouvelles plumes. Les textes soumis dans le cadre du concours seront édités, publiés et partagés, permettant ainsi aux participants de poser un acte de mémoire, de création et de citoyenneté.
Représentant le ministre de la Culture et de la Communication, Paulémon Wilson a évoqué le modèle haïtien intemporel, rappelant que tout jeune en quête de repères peut se référer à l’histoire du pays. Il a souligné que la révolution haïtienne a infléchi le cours de l’histoire mondiale et que des siècles d’oppression et d’exploitation ont notamment poussé Jacques Roumain à écrire. Selon lui, si le contexte actuel demeure difficile, les héros naissent précisément dans les situations les plus désespérées et insurmontables.
Miss Grande Haïti 2025, Valentchina Dantès, représentant la brasserie La Couronne, a, pour sa part, rappelé qu’un héros n’est pas nécessairement une personne célèbre : ce peut être un enfant, un parent, un enseignant ou toute personne qui, malgré les difficultés, choisit de faire la différence autour d’elle. Elle a encouragé les jeunes à croire en eux-mêmes, chacun étant le héros de sa propre histoire.
Le coordonnateur marketing, Claude Bernard Célestin, à qui l’on doit notamment l’organisation du Kompas Dance Challenge en 2019, a comparé cette première édition à une fleur qui germe dans une mine. Il a tenu à remercier les 400 participants inscrits, les membres du jury ayant œuvré bénévolement, ainsi que les 28 partenaires des secteurs privé et public ayant collaboré à cette initiative.
Les membres du jury ont, quant à eux, salué la diversité des parcours de héros rencontrés à travers les candidatures : une petite fille incarnant la mort, un agent de sécurité offrant à une jeune femme en détresse un espace pour vivre sa peine dans l’intimité et la dignité, des pères se donnant sans compter pour leur famille ou encore des artistes. Pour le jury, l’héroïsme se trouve parfois simplement dans un geste ou une présence et ne se résume pas toujours à une histoire spectaculaire : il réside dans le choix de construire, de créer, de servir ou de redonner espoir.
Elianne Georgette Louis



