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Quitter Port-au-Prince devient le tombeau de la dignité humaine

Se rendre dans les zones périphériques de la capitale est devenu un véritable calvaire pour les citoyens. Le contrôle des routes nationales par des groupes armés rend de plus en plus difficiles les déplacements vers les villes de province. En conséquence, la voie maritime s’impose comme l’une des rares alternatives pour sortir de Port-au-Prince. Plusieurs citoyens sont ainsi contraints d’attendre longuement avant d’avoir accès à un véhicule blindé chargé de les transporter jusqu’à l’Autorité portuaire nationale (APN).

Sous un soleil de plomb, plusieurs dizaines de citoyens sont massés à l’entrée d’un espace situé en face de la place de la Constitution, au Champ-de-Mars. La majorité, munie de sacs de voyage, affirme être présente sur les lieux bien avant le lever du soleil. Ces voyageurs attendent désespérément un véhicule blindé de la Police nationale d’Haïti (PNH) pour effectuer le trajet menant à l’APN.

Plusieurs d’entre eux n’ont pas caché leur mécontentement face au traitement réservé par certains policiers. Ils dénoncent notamment ce qu’ils présentent comme de la partisanerie et du rançonnement de la part de certains agents de la PNH chargés du transport des passagers. Selon leurs témoignages, certains policiers auraient privilégié l’accès au véhicule aux personnes auxquelles ils auraient soutiré de l’argent.

Assise à l’ombre d’un arbre, à l’autre bout de la rue Capois, une ressortissante de la Grand’Anse n’a pas caché sa frustration. Elle affirme attendre depuis plusieurs heures avec sa fille afin d’avoir accès au véhicule pour se rendre à l’APN. Elle fustige le laxisme des autorités face à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays.

« Si la route nationale numéro 2 était accessible, ça ferait longtemps que je serais avec ma famille », a-t-elle déclaré.

Toutefois, se rendre à l’APN ne constitue que la première étape d’une longue péripétie. Une fois sur place, les citoyens devront encore patienter pendant plusieurs heures, dans des conditions qu’ils jugent difficiles, avant de pouvoir rejoindre les villes de province.

Face à cette situation, des mesures coordonnées apparaissent nécessaires pour répondre au problème de l’insécurité. Les autorités sont appelées à créer les conditions nécessaires à la libre circulation des personnes et à mettre un terme à cette situation qui, selon les voyageurs, porte atteinte à leur dignité.

Dieunel BELLEGARDE

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