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L’assurance santé des policiers réduite à une carte symbolique

Alors que des prélèvements sont effectués chaque mois sur leur salaire, de nombreux agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) expriment leur mécontentement lorsqu’ils tombent malades ou sont blessés. Ils dénoncent le refus de leur carte d’assurance par plusieurs hôpitaux, en raison notamment des retards de paiement de l’État, ainsi que l’attitude de certains membres du personnel soignant. Les policiers estiment que leur couverture médicale est aujourd’hui largement insuffisante.

En matière de protection médicale, le constat est amer pour une grande partie des effectifs de la PNH. L’assurance santé proposée par l’institution ne répondrait plus aux besoins de prise en charge des agents. Si certains reconnaissent qu’elle constitue un minimum de soutien, la majorité déplorent les difficultés rencontrées lorsqu’ils se présentent dans des centres hospitaliers.

Selon des témoignages recueillis auprès de policiers, le principal problème réside dans le non-paiement régulier des factures hospitalières par l’institution. Face aux arriérés accumulés par l’État, plusieurs centres hospitaliers privés auraient cessé d’accepter la carte d’assurance de la PNH.

De plus, certaines structures qui acceptaient encore cette carte ne sont aujourd’hui plus opérationnelles. C’est notamment le cas de l’Hôpital Bernard Mevs, qui figurait parmi les établissements fréquentés par les policiers, avant d’être ravagé par un incendie dans le contexte des attaques des groupes armés. Les agents affirment ainsi ne plus disposer d’un véritable hôpital de référence pour leur prise en charge.

À la difficulté financière s’ajoute, selon plusieurs policiers, un sentiment d’humiliation. Certains rapportent l’attitude qu’ils jugent déplorable de membres du personnel soignant dans des établissements privés dès la présentation de leur carte d’assurance. « Quand tu te présentes avec cette carte, ils te regardent avec dédain », témoigne un agent.

Ces policiers estiment subir un traitement dévalorisant alors qu’ils risquent leur vie au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions. Le problème de la couverture médicale dépasse ainsi, selon eux, la seule question financière.

Face à ce que certains qualifient d’« assurance bidon », le malaise grandit dans les rangs de la PNH. Des agents s’interrogent sur la capacité de l’État à garantir leur prise en charge médicale lorsqu’ils sont blessés par balle ou victimes d’un accident dans l’exercice de leurs fonctions.

Pour les policiers, il ne s’agit plus simplement de disposer d’une carte d’assurance, mais de bénéficier d’un accès effectif à des soins médicaux de qualité. Ils réclament une révision du système d’assurance de la PNH afin de garantir une meilleure prise en charge des agents, notamment en cas d’urgence ou de blessure en service.

Ornessa Tessie Blanchard

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