

Le Syndicat des employés du système national de formation professionnelle tire la sonnette d’alarme face à la hausse des frais d’admission dans les centres publics de formation professionnelle en Haïti. Selon son président, Jean-Marie Leveillé, ces pratiques éloignent les jeunes défavorisés de formations qui devraient leur être accessibles gratuitement et favorisent une privatisation de fait de ces institutions.
Le syndicat dénonce notamment le pouvoir accordé à certains directeurs de fixer les frais à leur convenance, sans contrôle suffisant de l’Institut national de formation professionnelle (INFP). Il estime que cette situation compromet la mission sociale des centres, particulièrement dans un contexte où de nombreux jeunes peinent déjà à accéder à une formation qualifiante.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités à prendre les dispositions nécessaires pour permettre la réouverture des neuf centres publics de formation professionnelle de l’Ouest, actuellement non fonctionnels. Elle réclame notamment la réhabilitation du centre JB Damien, une référence nationale vandalisée par des groupes armés, ainsi que celle du centre Meyotte.
Le syndicat réclame également un meilleur accompagnement financier du personnel, notamment à travers l’octroi de cartes de débit, et déplore des difficultés liées à la prise en charge des cartes d’assurance maladie du personnel par l’État.
Selon le syndicat, le budget de l’INFP, porté à quatre milliards de gourdes, devrait contribuer à assurer le fonctionnement normal des centres et à rendre la formation professionnelle accessible à la population. Il appelle ainsi les autorités à prendre leurs responsabilités afin que ces institutions retrouvent pleinement leur vocation au service de la jeunesse haïtienne.
Le détournement des institutions publiques de leur mission aggrave le sort des jeunes issus des quartiers défavorisés. Au lieu de garantir l’accès à la formation et de favoriser leur insertion socioprofessionnelle, ces institutions deviennent, selon les dénonciations, le paravent de pratiques de corruption. Privés de perspectives et livrés à eux-mêmes, ces jeunes risquent davantage de rejoindre les groupes armés qui défient l’autorité de l’État. Face à cette situation, des mesures urgentes s’imposent pour rétablir la vocation de service public de ces institutions et défendre l’intérêt collectif.
Dieunel BELLEGARDE



