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L’agonie silencieuse des marchandes de la capitale

Au cœur des marchés de la capitale, la baisse sévère du pouvoir d’achat et la flambée continue des prix paralysent le commerce de détail. Subissant de plein fouet des coûts de transport devenus accablants depuis la montée du prix de l’essence, les marchandes voient la clientèle disparaître, incapables d’écouler leurs marchandises et de trouver de quoi nourrir leur propre famille.

En plein milieu de la journée, sous un soleil écrasant, l’atmosphère du marché est devenue anormalement silencieuse. Loin de l’animation et du brouhaha habituels, les allées restent désertes. Les rares visiteurs circulent sans rien acheter, effrayés par des prix devenus inaccessibles. Pour les marchandes, le constat est unanime : depuis l’augmentation du carburant, les prix des transports ont bondi de manière vertigineuse et, depuis lors, plus rien n’est pareil.

Cette situation paralyse l’ensemble de la chaîne commerciale informelle. Assise immobile derrière ses marchandises, le visage marqué par une profonde tristesse, une vendeuse contemple ses étalages. Les heures passent et son sac reste désespérément vide. « Pour moi-même, la situation s’aggrave. Mais là, il est déjà 11 h du matin, je n’ai pas 750 gourdes dans ma valise, mais j’ai beaucoup de choses à vendre », confie-t-elle, désemparée. Pour compenser les frais de transport exorbitants, elle tente d’ajuster ses prix, mais l’effet est immédiat : les clients fuient et les ventes s’effondrent.

Un peu plus loin, une vendeuse de boissons gazeuses se dresse devant sa glacière. Elle décrit une réalité tout aussi impitoyable, où travailler ne garantit même plus le pouvoir de se nourrir. « Depuis la hausse du carburant, tout est devenu trop cher et nous n’arrivons plus à vendre. Parfois, vous sortez pour chercher de quoi vivre, mais tout l’argent passe dans le transport. On se retrouve à passer la journée le ventre vide parce qu’il n’y a tout simplement plus d’activité dans les rues », explique-t-elle avec amertume. Le dilemme est désormais permanent entre payer le déplacement pour écouler ses marchandises ou garder le peu qu’on a pour subvenir à ses besoins vitaux.

Face à cette paralysie économique, les étals restent désespérément chargés alors que le jour tombe. Les rares acheteurs traversent les allées la tête basse, incapables de faire face à une telle inflation. En rentrant chez elles les mains vides, ces femmes ne portent plus seulement le poids de leurs marchandises invendues, mais aussi l’angoisse d’un lendemain où travailler ne suffit même plus à survivre, laissant planer la question de leur avenir dans une économie au point mort.

Ornessa Tessie Blanchard

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