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Policiers influenceurs : quand l’uniforme fait le buzz, que fait la police des polices ?

L’uniforme, symbole d’autorité et de protection, s’oppose désormais aux challenges TikTok, aux menaces voilées et à la recherche de likes. Alors que ces vidéos cumulent des milliers de vues et sèment l’inquiétude chez les internautes, une question s’impose : pourquoi l’Inspection générale garde-t-elle le silence face à une telle dérive déontologique ?

Sur les réseaux sociaux, la frontière entre le devoir de protection et le divertissement personnel s’est effacée, laissant place à un véritable danger. Depuis pas mal de temps, des agents de la Police nationale d’Haïti publient des vidéos et même des musiques menaçantes, sans tenir compte de l’éthique ni du code de déontologie du métier. Ils osent utiliser, dans des vidéos en uniforme, des légendes comme : « Venez me dire ceci en face et croyez-moi… », « Tu vas voir… », ou encore « Si tu prends mon partenaire, voilà ce qui va arriver ». L’une d’entre elles affirme même qu’elle ne fait pas partie des policières qui n’oseraient pas pointer leur arme sur leur propre partenaire, ajoutant que, si les gens doutent, ils n’ont qu’à lui demander.

Ces agents semblent oublier l’obligation d’être policier 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Chaque action posée en uniforme engage la responsabilité de l’État. Au lieu de renforcer le lien de confiance et la police de proximité, ces publications prônent l’intolérance, créent de l’incompréhension et marquent un renoncement à leur propre devise.

En interne, le malaise est tout aussi palpable. Plusieurs policiers soulignent avec indignation que la majorité de ces « agents TikTok » cherchent avant tout à gagner des abonnés et à devenir populaires, en faisant un trait tiré sur les règles déontologiques.

C’est là que le problème se pose. Alors que la loi et les règlements intérieurs interdisent l’usage de l’image de la police à des fins personnelles non autorisées, rien d’officiel ne vient freiner ce désordre : pas le moindre communiqué ni la moindre note d’avertissement de la DICOP. Du côté de l’Inspection générale, c’est le silence radio absolu.

En l’absence de clarification et de rappel aux règles éthiques, ces dérives continuent de nourrir le fil d’actualité des citoyens. En laissant ces comportements sans réponse publique, l’institution prend le risque de laisser s’installer une idée dangereuse : celle d’une police où chacun peut utiliser son arme et son uniforme pour ses propres intérêts virtuels. Reste à savoir jusqu’à quand l’Inspection générale restera muette face à ces abus en tenue réglementaire.

Ornessa Tessie Blanchard

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