L’ONUDC et l’OCNH lancent un programme national d’observation des procès pour lutter contre l’impunité


L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en collaboration avec l’Organisation des citoyens pour une nouvelle Haïti (OCNH), a lancé ce lundi 28 septembre 2026 un programme national d’observation des procès et de monitoring judiciaire. L’initiative vise à renforcer la transparence et le suivi du fonctionnement de la justice, notamment sur la question de la détention préventive prolongée.
Dans ce cadre, 25 jeunes étudiants en droit ont pris part à une formation de trois jours, tenue à l’hôtel Palm Résidence. Cette formation doit les préparer à observer des procès et à assurer un monitoring de la gouvernance judiciaire. Le programme s’étendra à cinq départements : l’Ouest, le Nord, le Nord-Est, les Nippes et la Grand’Anse.
Un programme centré sur les procès financiers
Dans son discours, le directeur exécutif et coordonnateur général de l’OCNH, Me Camille Occius, a expliqué que le programme a pour mission de former des jeunes à l’observation des procès et au monitoring judiciaire. Il s’agit notamment de leur permettre de mieux comprendre les enjeux de la justice et l’importance d’une collecte rigoureuse des données.
« Nous soumettrons des rapports trimestriels sur les procès financiers dans les cinq départements. Il faut des rapports de la société civile pour favoriser une bonne gouvernance », a-t-il souligné.
La formation s’articule en trois temps : la première journée porte sur les cadres juridiques du procès équitable ; la deuxième est consacrée aux techniques d’observation, afin de permettre aux participants de produire des rapports de qualité ; la troisième porte sur un travail d’évaluation et d’engagement.
De son côté, le chef de bureau de programme de l’ONUDC en Haïti, M. David Alamos, a affirmé que la lutte contre la corruption ne concerne pas seulement les institutions, mais aussi ce qui se passe dans les salles d’audience. Il a rappelé que l’engagement de l’ONUDC en Haïti remonte à plusieurs années. Il a également relevé que, sur 68 rapports publiés par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) au cours des cinq dernières années, une seule condamnation a été prononcée. « La justice doit être au centre de la lutte contre la corruption », a-t-il insisté.
Ce chiffre illustre le fossé qui sépare la dénonciation de la sanction. En plaçant de jeunes juristes dans les salles d’audience, l’ONUDC et l’OCNH misent sur un regard citoyen pour renforcer la transparence du système judiciaire et contribuer à la lutte contre la corruption.
Bob Landers Souffrant



