Martelly candidat à la présidence : un passé lourd de controverses


Michel Joseph Martelly a déposé sa candidature à la présidence ce vendredi 23 octobre au Conseil électoral provisoire (CEP), sur la route de Frères. Avant de lui confier à nouveau les rênes du pays, il faut regarder ce que l’on sait de son passé.
Le Canada a ouvert la voie en novembre 2022. Il a visé Martelly et deux anciens Premiers ministres, qu’il accusait de profiter des gangs armés.
Les États-Unis ont suivi en août 2024. Le Trésor américain l’a sanctionné en vertu d’un décret visant le trafic mondial de drogue. Il lui est reproché d’avoir abusé de son influence pour faciliter le trafic de drogue vers les États-Unis. Washington affirme aussi qu’il a blanchi des produits du trafic, travaillé avec des trafiquants et parrainé plusieurs gangs.
Enfin, en décembre 2025, le Conseil de l’Union européenne a décidé une interdiction de voyager et un gel d’avoirs. Il l’accuse d’avoir armé et financé des gangs pour servir son agenda politique, contrôler des territoires et défendre ses intérêts personnels et économiques. Le texte du Conseil va plus loin. Selon lui, Martelly aurait participé directement à la création du gang « Base 257 » et aurait financé et soutenu plusieurs gangs.
Sous son mandat, le fonds PetroCaribe, censé financer le développement, a été dilapidé. Près des deux tiers des fonds ont été dépensés, et détournés, sous la présidence Martelly. L’audit de la Cour supérieure des comptes a relevé de graves insuffisances dans la planification et l’exécution des projets financés pendant son administration. Une enquête du Sénat a conclu qu’au moins 14 anciens responsables auraient mal utilisé 3,8 milliards de dollars sous son gouvernement.
Le viaduc est l’exemple le plus visible. Martelly a inauguré celui de Delmas en août 2015, en pleine fin de mandat. À l’échéance prévue, les chantiers étaient loin d’être terminés et les coûts avaient augmenté. Le viaduc de Delmas fonctionne aujourd’hui, mais celui de Carrefour n’est toujours pas achevé.
Son fils Olivier est aussi concerné. Il a fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire dans une enquête pour corruption, détournement de fonds publics et blanchiment liée aux fonds PetroCaribe.
Haïti compte déjà assez de ruines : des chantiers abandonnés, des caisses vidées, des quartiers aux mains des gangs. Chaque fois qu’un dirigeant a pillé sans rendre de comptes, c’est le peuple qui a payé, en insécurité, en misère et en exil. Un pays qui s’effondre ne peut pas confier ses clés à celui que le monde accuse d’avoir nourri les gangs qui l’étouffent. Voter, c’est choisir son avenir. Le peuple n’est pas condamné à avoir la mémoire courte.
Bob Landers Souffrant



