Douanes haïtiennes : 12,923 milliards de gourdes en septembre, un record mensuel qui clôt le trimestre en beauté

L’Administration générale des douanes (AGD) a bouclé septembre 2026 sur une performance remarquable. Les recettes sont remontées à 12,923 milliards de gourdes en septembre, après un recul à 11,226 milliards en août, soit une hausse de 15,1 % d’un mois à l’autre. Ce montant dépasse aussi de 4,5 % celui de juillet. Dans un pays confronté à l’insécurité et à des tensions économiques, ce résultat confirme que la douane reste l’une des principales sources de financement de l’État.
Sur l’ensemble du trimestre, la trajectoire a été en dents de scie, mais elle s’est terminée en force. Entre juillet et septembre 2026, l’AGD a collecté 36,512 milliards de gourdes : 12,363 milliards en juillet, 11,226 milliards en août, puis 12,923 milliards en septembre. Septembre est donc le meilleur mois du trimestre, juillet le deuxième, et le creux d’août apparaît comme un simple ralentissement passager.
Ce trimestre, le dernier de l’exercice 2025-2026, se compare bien aux précédents. Les rapports statistiques de l’AGD indiquent 35,085 milliards de gourdes pour le premier trimestre (octobre-décembre 2025) et 34,409 milliards pour le deuxième (janvier-mars 2026). Les 36,512 milliards de juillet-septembre représentent donc environ 4,1 % de plus que le premier et 6,1 % de plus que le deuxième.
La géographie des recettes reste très concentrée. Le port de Port-au-Prince a généré 29,031 milliards de gourdes, soit 79,51 % du total, tandis que le bureau du Cap-Haïtien en a collecté 4,440 milliards, soit 12,16 %. À eux deux, ils assurent environ 91,7 % des recettes, loin devant Saint-Louis-du-Sud, Ouanaminthe, l’aéroport de Port-au-Prince et les Gonaïves. Cette dépendance est une force aujourd’hui, mais aussi un risque si l’activité de ces deux bureaux venait à être perturbée.
Reste à transformer cet exploit en acquis durable. La modernisation annoncée par la direction de l’AGD, avec notamment l’estimation en ligne des droits à payer et le paiement électronique, ainsi que le renforcement des bureaux secondaires, pourrait diversifier les sources de recettes. Quand une administration réussit à terminer l’exercice sur son meilleur mois, la question n’est plus de savoir si elle peut performer, mais si elle peut tenir ce rythme d’un exercice à l’autre.
Bob Landers Souffrant



