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Quand la politique et les armes se mêlent au chaos haïtien

Le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti met en lumière les liens persistants entre les gangs armés et certains acteurs politiques, économiques et du secteur de la sécurité. Selon le document, ces réseaux contribueraient à maintenir la capacité des groupes armés à résister aux opérations des autorités et à conserver leur influence sur plusieurs territoires du pays.

Le rapport souligne que certaines personnalités politiques et certains acteurs économiques auraient apporté un soutien aux gangs lorsque leurs intérêts étaient en jeu. Le Groupe d’experts estime ainsi que combattre uniquement les chefs de gangs ne suffit pas et que les réseaux qui les soutiennent doivent également être ciblés.

À Kenscoff, le rapport évoque notamment des facteurs politiques derrière certaines violences. Il affirme que des acteurs influents auraient soutenu des gangs et d’autres groupes armés afin de contrôler cette zone stratégique. Le document cite également l’ancien député Alfrédo Junior Antoine, auquel le Groupe d’experts attribue le soutien et l’armement de groupes de jeunes qui auraient ensuite évolué vers des gangs ou rejoint des groupes criminels.

Le rapport cite aussi l’ancien sénateur Nenel Cassy, accusé par le Groupe d’experts d’avoir apporté son soutien à différents acteurs armés pour servir ses intérêts politiques. Le document affirme notamment qu’il aurait entretenu des liens avec des groupes armés et participé à des activités visant à déstabiliser certaines zones du pays. Ces accusations sont présentées comme les conclusions du Groupe d’experts, et non comme des condamnations judiciaires.

Au-delà des personnalités politiques, le rapport décrit un système plus large dans lequel interviennent des hommes d’affaires, des policiers et d’autres acteurs. Il fait état de collusions présumées permettant notamment à certains gangs d’obtenir des armes, de faciliter leurs déplacements ou d’échapper aux opérations policières. Cette situation contribue, selon les experts, à la persistance de la violence et à l’affaiblissement de l’action de l’État.

Le rapport des Nations unies dessine donc le portrait d’une crise qui dépasse largement les affrontements entre gangs. Derrière les hommes armés présents sur le terrain, il met en évidence l’existence présumée de réseaux de soutien politique, économique et sécuritaire. Tant que ces réseaux ne seront pas démantelés et que les responsabilités ne seront pas établies par la justice, les armes continueront de nourrir le chaos et de fragiliser davantage l’État haïtien.

Bob Landers Souffrant

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