Une nouvelle résolution qui ne dissipe pas les doutes sur la FRG en Haïti


Réuni ce mardi 29 septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé, pour six mois, le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti. La résolution 2829 a été adoptée par 12 voix pour, aucune contre et trois abstentions, celles de la Chine, de la Russie et du Pakistan.
La nouvelle résolution proroge au 31 mars 2027 le mandat de la mission onusienne, dont l’échéance était initialement fixée au 30 septembre 2026. Dotée d’un cadre légal élargi, la Force de répression des gangs devait notamment pallier les déficits opérationnels et juridiques de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS). Toutefois, la FRG peine jusqu’ici à afficher des résultats notables et à répondre aux attentes suscitées par sa mise en place.
Selon la note de cadrage, son déploiement devait être effectif dès avril 2026. Dans les faits, la FRG accuse un retard criant dans son processus d’opérationnalisation. Plusieurs mois après l’adoption de la résolution, la situation sécuritaire en Haïti n’a guère connu d’amélioration. Les groupes armés continuent de défier les forces de l’ordre et de massacrer la population, comme en témoigne notamment le récent épisode de Kenscoff.
L’adoption de cette résolution ne semble malheureusement pas susciter un grand enthousiasme au sein de la population. Lassés des promesses, les citoyens réclament désormais des résultats concrets plutôt que de voir leur sort servir à nourrir un espoir de sécurité qui tarde à se matérialiser. Comment cette Force pourra-t-elle atteindre les résultats escomptés en six mois alors qu’elle n’a pas réussi à le faire jusqu’ici, après deux années d’intervention internationale, MMSS comprise ?
Prise en étau par la violence des gangs, la population appelle à des actions efficaces de la communauté internationale dans sa volonté d’accompagner Haïti en ces temps de crise. Elle n’en peut plus des rodomontades des résidents du deuxième étage du bâtiment des conférences. À cet effet, les promesses doivent désormais être suivies d’actions concrètes sur le terrain, afin de permettre aux Haïtiens de jouir pleinement de leur droit à la sécurité.
Dieunel BELLEGARDE


