Société

La mairie de Pétion-Ville face aux défis du ramassage des ordures

Pour les riverains et les usagers de la zone, l’accumulation rapide des déchets après le passage des camions donne l’impression d’un travail inutile. Si ce constat alimente la frustration générale, les réalités du terrain révèlent un problème plus complexe. Ce jeudi 17 septembre 2026, le maire principal, Kesner Normil, et un membre du conseil municipal étaient présents au carrefour des rues Villate et Geffrard pour suivre le déploiement des équipes de nettoyage.

L’objectif principal était de sensibiliser et de motiver les marchands à prêter main-forte pour rassembler les détritus. Face aux réticences et à la faible coopération, des conditions ultimes ont été posées : si les commerçants ne maintiennent pas l’espace devant leurs étalages propre, la mairie procédera à leur déguerpissement.

D’après certains chauffeurs et marchands, la municipalité fait du surplace, déclarant qu’il s’agit d’un gaspillage des ressources de l’État si les rues se retrouvent encombrées de déchets peu de temps après.

Le maire prend conscience de cette quête interminable face aux déchets de la commune et a reconnu la complexité d’équilibrer la fermeté administrative et la réalité sociale. À l’approche de la rentrée scolaire, la municipalité tolère l’occupation des espaces pour permettre aux commerçants informels de vendre leurs produits afin de financer les frais scolaires. Néanmoins, cette tolérance économique ne doit en aucun cas servir de prétexte à l’insalubrité de la voie publique.

L’horaire retenu pour ces interventions, s’étalant de 9 heures du matin à 19 heures, engendre d’importantes contraintes pour les usagers. Sous l’effet des rafales de vent de la journée, les mauvaises odeurs, les poussières et divers détritus légers se dispersent dans l’air, exposant la population à de réels dangers pour la santé. De plus, l’absence d’équipements de protection suscite de vives inquiétudes. Interrogés, les agents expliquent que la durée excessive des interventions sous la chaleur rend le port du masque étouffant, ce qui les pousse à l’abandonner. De son côté, le maire principal justifie l’absence de protection en soutenant qu’un cache-nez augmenterait les risques, s’appuyant sur ses années d’expérience sans tomber malade. Ces approches illustrent le manque de standards sanitaires unifiés sur les chantiers d’assainissement.

Un agent de la mairie a également mis en lumière les défis majeurs auxquels la commune est confrontée. Selon ses déclarations, la surpopulation soudaine de Pétion-Ville, alimentée par le déplacement massif de citoyens fuyant l’insécurité dans d’autres quartiers, nuit gravement au maintien de la propreté. L’agent a aussi mentionné la prolifération des magasins chinois vendant toutes sortes d’articles emballés, ce qui contribue à l’accumulation des détritus. Tout en affirmant que la municipalité accomplit son devoir, il a insisté sur le fait qu’il revient désormais à l’État central d’assumer sa part de responsabilité en fournissant des moyens à la hauteur de cette crise sanitaire et démographique.

Loin d’être une action inutile, le travail de la municipalité montre ses limites face à des défis économiques et démographiques majeurs. Pour réussir à maintenir la commune propre, la mairie demande un accompagnement de l’État central afin de renforcer ses moyens sur le terrain.

Ornessa Tessie Blanchard

 

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button