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Melchie Dumornay, de la 18ᵉ place aux portes du podium, Haïti rayonne à Londres

Les trophées se mesurent aussi aux distances parcourues. Il y a un an, Melchie Daëlle Dumornay, surnommée « Corventina », se classait 18ᵉ au Ballon d’Or 2025, pour sa toute première nomination. Ce lundi 26 octobre, sur la scène du London Palladium, la milieu offensive de l’OL Lyonnes a terminé quatrième, derrière Alexia Putellas, Ewa Pajor et Khadija Shaw. En douze mois, elle a gagné quatorze places.

En 2025, elle était la première footballeuse haïtienne à figurer dans la prestigieuse liste du Ballon d’Or féminin. Cette année, elle est de nouveau nommée parmi les trente meilleures joueuses de la planète. Une nomination peut être un accident. Deux nominations, avec une telle progression, montrent un niveau installé.

À Lyon, Dumornay a été le moteur d’une équipe qui visait les sommets. La Ligue féminine de football professionnel l’a désignée meilleure joueuse de la saison de Première Ligue. Elle avait aussi été élue joueuse de l’année de la CONCACAF, pour la deuxième fois consécutive. Elle a pourtant dû composer avec un scénario cruel : la finale de la Ligue des champions, perdue 0-4 face à Barcelone, a pesé dans la balance. Les analystes le disaient déjà : sans cette défaite, sa course aurait pu être différente.

Dumornay ne porte pas seulement le maillot lyonnais. Elle porte un pays dont le football féminin reste souvent sous-estimé, mais qui est rempli de talents. Chaque classement, chaque ovation, chaque photo d’elle parmi les plus grandes élève un peu plus Haïti. Pour l’OL Lyonnes, c’est la confirmation que le club détient l’une des joueuses les plus complètes du monde. Pour les jeunes Haïtiennes qui tapent dans un ballon sur un terrain poussiéreux, c’est la preuve qu’on peut venir de là et atteindre le sommet.

Elle a dit un jour que le Ballon d’Or n’était pas son obsession. Tant mieux : on ne court pas après un trophée qui, un jour, se met à courir vers vous. À 23 ans, elle vient de passer de la 18ᵉ à la 4ᵉ place. Les lois de l’arithmétique et celles du talent sont formelles : la marche suivante s’appelle le podium, et celle d’après porte un nom doré. Ce soir, Haïti n’a pas perdu un trophée. Il a gagné une certitude : Melchie Dumornay arrive.

Bob Landers Souffrant

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