La Digicel devant la justice haïtienne pour cyber-escroquerie


La compagnie de téléphonie mobile Digicel dans le collimateur de la justice haïtienne. Jean-Philippe Brun, PDG de la Digicel, a comparu ce mercredi 9 septembre 2026 devant le magistrat Paul Eronce Villard. Le numéro un de Digicel a été entendu au parquet de Port-au-Prince dans le cadre d’une instruction portant notamment sur des allégations de cyber-escroquerie, de détournement de données numériques et de violation des principes de confidentialité.
Ces faits, qui seraient prévus et sanctionnés par la législation pénale haïtienne en vigueur, ont conduit des représentants de la compagnie devant la chambre d’instruction criminelle.
Selon les éléments à l’origine de cette procédure, Digicel est reprochée pour des faits infractionnels qui auraient été commis dans le cyberespace sur une période d’au moins dix ans. La compagnie aurait notamment effectué des prélèvements sur les recharges de certains clients inscrits à un programme d’assurance-vie proposé par l’opérateur.
Ce programme aurait par la suite été suspendu, sans que certains abonnés concernés aient, selon leurs plaintes, reçu le remboursement des sommes prélevées pendant plusieurs années. Certains clients affirment également n’avoir bénéficié que d’un mois de couverture ou de forfait sans avoir été préalablement informés par la compagnie.
Cette instruction, présentée comme inédite, fait suite à des plaintes avec constitution de partie civile déposées par plusieurs anciens abonnés. Elle vise notamment à faire la lumière sur les conditions dans lesquelles ces prélèvements auraient été effectués ainsi que sur la gestion des fonds concernés.
Au-delà de cette affaire liée au programme d’assurance, plusieurs abonnés dénoncent également d’autres pratiques qu’ils jugent préjudiciables. Ils évoquent notamment l’utilisation de données personnelles ainsi que des ajustements récurrents des tarifs des forfaits, qu’ils considèrent comme injustifiés ou insuffisamment expliqués.
Si les faits étaient établis, cette affaire pourrait devenir un précédent majeur en matière de protection des consommateurs et de responsabilité des opérateurs numériques en Haïti. Elle poserait surtout une question fondamentale : pendant combien de temps un consommateur peut-il être prélevé, privé d’informations claires et laissé sans recours effectif avant que la justice ne se saisisse de son dossier ?
L’ouverture de cette instruction judiciaire représente, pour les plaignants, une occasion d’obtenir des réponses sur leurs dossiers. En attendant les conclusions de la justice, certains d’entre eux réclament réparation pour les préjudices qu’ils estiment avoir subis et demandent le remboursement des sommes qu’ils affirment avoir été prélevées indûment.
Dieunel Bellegarde



