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Les policiers confrontés à des conditions de travail précaires

Alors que la saison des fortes pluies bat son plein, des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) déployés sur le terrain dénoncent des conditions de travail déshumanisantes. Entre véhicules blindés défectueux, absence de frais de mission et manque de prise en charge, ces policiers risquent leur vie dans une précarité révoltante.

Ce constat est alarmant. Sur le terrain, loin des bureaux confortables du haut commandement de la PNH, le quotidien des policiers est fait de sacrifices, mais surtout de négligences. Face à cela, leur pire ennemi n’est pas seulement l’insécurité, mais aussi la pluie et le manque de matériel adéquat.

Selon les confirmations obtenues auprès de plusieurs agents de la PNH, les véhicules blindés fournis par l’institution, plus précisément les modèles communément appelés « COB », souffrent d’un net manque d’entretien. Souvent livrés en état de panne ou détériorés, ces engins censés être des forteresses roulantes se transforment en véritables passoires à la moindre averse.

« Dès qu’il pleut, peu importe si la pluie est faible, l’eau pénètre à l’intérieur du blindé », confie un policier exaspéré. À l’intérieur de ces cabines étroites et inondées, les agents ne disposent même pas d’un coin sec pour déposer leur équipement. Ils se retrouvent trempés, contraints de mener leurs opérations dans une humidité totale.

Cette infiltration d’eau permanente engendre des conséquences directes sur la sécurité des opérations. En effet, la présence constante de l’eau qui envahit les blindés atteint directement les armes à feu et les équipements. Contraints d’intervenir à bord de véhicules troués et défaillants dans des zones à haut risque, les policiers voient leur matériel courir un risque majeur de dysfonctionnement. Dans une telle situation, ils se retrouvent exposés à un danger de mort imminent, quasi désarmés par leur propre équipement.

À ces contraintes matérielles s’ajoute un mépris administratif et financier. Plusieurs policiers confirment ne pas recevoir les frais de mission qui leur sont dus, alors que les interventions sur le terrain se poursuivent. La situation est telle que la survie quotidienne de ces agents en opération repose sur la charité de leurs proches. « Ce sont nos familles et nos amis qui nous aident à trouver de quoi manger pendant que nous sommes en mission », déplore un autre agent.

Face à de tels témoignages, le décalage entre la rigueur exigée sur le terrain et la précarité des moyens mis à disposition devient insoutenable. La chaîne de commandement se retrouve désormais face à ses responsabilités : l’efficacité des opérations ne dépend pas uniquement de la détermination des troupes, mais d’abord de la volonté réelle de leurs supérieurs de leur donner les moyens de se battre.

Ornessa Tessie Blanchard

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