Culture

La DNL présente « René Depestre : un siècle d’étincelles » en hommage au centenaire de l’écrivain

La Direction nationale du livre (DNL) a présenté, le mardi 29 septembre 2026, l’ouvrage collectif « René Depestre : un siècle d’étincelles », consacré au centenaire de l’écrivain né le 29 août 1926 à Jacmel. La cérémonie s’est déroulée dans les locaux de l’institution, sur la route de Bourdon, à Port-au-Prince. Quarante et un écrivains ont contribué à cette publication coordonnée par Verly Dabel, Gary Victor et Adlyne Bonhomme. Vendu au prix de 2 000 gourdes, le livre était accompagné d’une exposition de plusieurs œuvres de René Depestre, dont « Le Métier à métisser », « Le Mât de cocagne » et « Journal d’un animal marin ».

La présentation a réuni un public de « depestriens » de tous âges et marqué la clôture d’une année de célébration, organisée du 29 août 2025 au 29 août 2026 sous le thème « Yon Mapou nan literati peyi Dayiti ». Verly Dabel a qualifié l’ouvrage de « cerise sur le gâteau » de cet anniversaire, estimant qu’il constitue la réalisation la plus marquante des activités organisées par la DNL. Il a remercié les contributeurs, le directeur général de l’institution, le ministre de la Culture, Emmanuel Ménard, ainsi que Gary Victor et Adlyne Bonhomme pour leur soutien dans la réalisation du projet.

Évoquant les près de six mois de travail nécessaires à la publication, Verly Dabel a rappelé que René Depestre avait souvent été confronté au dénigrement et à l’ostracisme en raison de sa liberté de pensée face aux dogmes. Il a reconnu que l’ouvrage ne pouvait prétendre être à la hauteur de ce que représente l’écrivain, tout en soulignant qu’il témoigne de l’amour, de la tendresse, de la générosité et de l’espoir portés par ses contributeurs.

Le directeur général de la DNL, Ernst Saint-Louis, a pour sa part présenté l’institution comme un espace de résistance culturelle au service des écrivains et des autres créateurs. Il a également mis en avant le programme « Éloge de la littérature », destiné à rendre hommage aux acteurs qui contribuent à la promotion du livre et de la lecture en Haïti. Il a annoncé que les recettes issues de la vente de l’ouvrage collectif permettraient d’acquérir d’autres livres d’auteurs haïtiens pour les bibliothèques publiques d’une vingtaine de villes du pays. Il a par ailleurs indiqué que la DNL envisageait, avec l’accord de René Depestre, de traduire deux de ses ouvrages en créole haïtien, dont « Le Mât de cocagne ».

Interrogé sur le roman « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien et les accusations liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle, Ernst Saint-Louis a défendu son appartenance à la littérature haïtienne, estimant que l’œuvre porte l’âme, la douleur et la souffrance du peuple haïtien. Tout en reconnaissant ne pas partager toutes les idées exprimées dans le livre, il s’est interrogé sur les raisons des accusations visant cet ouvrage et sur son retrait de la sélection du prix Goncourt. Il a assuré l’auteur de la solidarité de la DNL et du ministère de la Culture et de la Communication, tout en soulignant la nécessité de rester prudent dans la position officielle de l’institution.

La cérémonie a également été marquée par l’interprétation de l’hymne national par Dulcé Saradj Fatima Saint-Juste, des lectures d’extraits de l’ouvrage par Stéphanie Duchelle et un témoignage de l’ancien ministre de la Culture et architecte Patrick Delatour. Ce dernier a partagé des souvenirs de son expérience avec René Depestre autour du projet de la Citadelle Laferrière, de 1974 à aujourd’hui.

Elianne Georgetter Louis

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