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Au Lycée Marie-Jeanne, les déplacés de Carrefour-Feuilles s’enfoncent dans la précarité

Les conditions de vie dans le camp de déplacés installé au Lycée Marie-Jeanne se dégradent de jour en jour. Depuis plusieurs années, des résidents de Carrefour-Feuilles, contraints de fuir leur quartier en raison de la violence des groupes armés, vivent dans cet espace dans des conditions marquées par l’insalubrité et la promiscuité. Ils dénoncent l’absence d’accompagnement et réclament des mesures concrètes permettant leur retour dans leur quartier.

L’ancien bâtiment du Lycée Marie-Jeanne est aujourd’hui devenu un refuge de fortune pour les rescapés de Carrefour-Feuilles. À l’entrée de cet espace, occupé depuis près de trois ans, des tas de détritus jonchent le sol sur plusieurs mètres. Une fois la barrière franchie, des étals installés par des résidents qui tentent de gagner leur vie attirent l’attention. L’ancienne cour de récréation accueille désormais de petites activités commerciales, tandis qu’une partie de l’espace est occupée par des abris de fortune.

Plusieurs centaines de familles partagent ce camp. La majorité occupent les anciennes salles de classe. Selon David, un responsable du camp, une seule salle de quelques mètres carrés peut accueillir jusqu’à une dizaine de familles.

Pour accéder à l’étage supérieur, il faut traverser des flaques d’eau stagnante avant d’emprunter un escalier devenu étroit en raison des constructions. Les résidents expliquent que les espaces de circulation durant la journée se transforment en dortoirs à la tombée de la nuit. Ils déplorent également la présence d’insectes et de rongeurs. En cas de pluie, ils doivent attendre avant de pouvoir installer leurs couchages.

Livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années, les déplacés dénoncent également l’absence de services de base. L’accès à l’eau devient de plus en plus difficile dans le camp. Face à ces conditions, ils affirment ne souhaiter qu’une chose : retourner chez eux.

Par ailleurs, des démarches sont engagées pour libérer les locaux en vue de la reprise des activités scolaires au Lycée Marie-Jeanne. Mais les résidents estiment que l’aide financière qui leur est proposée ne leur permettra pas de trouver un logement adapté. « Où pourrais-je me procurer une maison avec 99 000 gourdes en ces temps-ci ? », s’interroge une résidente.

Les rescapés de différents épisodes de violence à Port-au-Prince, réfugiés dans ce camp, lancent un cri d’alarme aux autorités. Ils réclament des mesures urgentes pour leur permettre de regagner leur quartier dans des conditions sécurisées.

Refusant de s’installer durablement dans une logique d’assistanat, ils demandent surtout à l’État d’assumer ses responsabilités en matière de sécurité publique, afin de créer les conditions nécessaires à leur retour. Pour ces déplacés, chaque jour supplémentaire passé dans ce camp constitue une nouvelle atteinte à leur dignité et rappelle l’urgence d’une réponse durable à la crise du déplacement interne.

Dieunel BELLEGARDE

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