Le secteur informel annonce une quatrième phase de mobilisation plus dure

L
a contestation menée par le Collectif des citoyens du secteur informel haïtien et des petites entreprises franchit une nouvelle étape. Ce mardi 20 octobre 2026, plusieurs centaines de marchands et de petits entrepreneurs se sont massés devant les locaux de la Primature, déterminés à porter leurs revendications au cœur du pouvoir exécutif. Alors que les accords de recapitalisation conclus avec le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) et le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) demeurent lettre morte, le mouvement accuse le gouvernement d’abandonner une frange essentielle de la population.
Au cours de ce rassemblement, les protestataires, extrêmement motivés et déterminés, ont occupé les lieux pour faire passer leurs revendications. Le coordonnateur national du collectif, M. Boileau, a dressé un constat alarmant de la situation socio-économique des travailleurs informels, qui représentent près de 80 % de la population active du pays. Selon lui, l’asphyxie des couloirs de transport, la fermeture des commerces et l’impossibilité pour les marchands de subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles témoignent d’une faillite généralisée.
Le mouvement dénonce également le mépris de l’État face à la détresse des citoyens, tout en fustigeant l’utilisation récurrente des forces de l’ordre pour réprimer les protestataires. M. Boileau a ainsi déclaré : « L’État n’a jamais rien dit, et nous allons prendre les rues comme l’État le demande. Mardi prochain, tous les rara qui adhèrent au mouvement sont invités à investir les rues à nos côtés. Tout le monde sera dans les rues pour faire entendre à l’État ce qu’il veut entendre. »
Il a également tenu à souligner que la détresse économique touche désormais l’ensemble de la société, y compris les rangs de la police : « Les policiers eux-mêmes, aujourd’hui, bon nombre d’entre eux sont dans la quête, en train de demander un accompagnement financier. »
Face à ce blocage persistant, le collectif a officiellement annoncé le lancement d’une quatrième phase de mobilisation le mardi 27 octobre 2026. Les organisateurs préviennent que la prochaine étape ne sera plus pacifique et promettent de se faire entendre par tous les moyens nécessaires pour contraindre l’État à réagir.
Ornessa Tessie Blanchard



