Société

Clôture du projet d’appui aux adolescents victimes de violence 

Dans une atmosphère chaleureuse et particulièrement accueillante, la Solidarité Fanm Ayisyèn (SOFA) s’est réunie au Centre Canado-Technique ce mercredi 30 septembre 2026 pour célébrer la clôture de son projet « Appui aux adolescent·e·s victimes et témoins de violence », exécuté sur 12 mois avec le soutien de son partenaire officiel, Welthungerhilfe (WHH). Venus accompagnés de leurs enfants, les parents affichaient un visage détendu et une profonde satisfaction face aux accomplissements de cette année d’encadrement. Si l’organisation féministe dresse un bilan très positif des actions menées, cet achèvement laisse planer une lourde inquiétude quant à la continuité de la prise en charge des bénéficiaires.

La responsable du projet, Mme Stéphanie Siméon, a exprimé toute la satisfaction de la SOFA face aux résultats obtenus. En un an, l’initiative a permis d’accompagner 90 adolescents confrontés à des traumatismes psychosociaux, à des risques d’abandon scolaire et à des situations de violence directe.

Sur place, la présence visible et sereine des familles témoignait de l’impact positif du programme. Des témoignages poignants de jeunes et de parents sont venus appuyer cette réussite. C’est le cas d’Alencia, une participante qui a souligné l’importance de cet encadrement, ou encore d’un parent d’élève ayant exprimé sa profonde gratitude envers la SOFA pour avoir permis à son enfant de réintégrer les bancs de l’école cette année. De son côté, la directrice exécutive, Marie Frantz Joachim, a rappelé la responsabilité des adultes dans l’écoute et la protection des mineurs : « Le silence d’un enfant ne signifie pas qu’il n’a rien à dire. »

Cependant, la fin de ce projet de 12 mois pose un réel problème de durabilité. Mme Siméon a elle-même tiré la sonnette d’alarme : sans la poursuite de ces programmes, plusieurs de ces enfants ne pourront plus fréquenter l’école ni bénéficier du suivi psychosocial nécessaire. Elle a ainsi lancé un appel pressant aux partenaires internationaux pour qu’ils proposent de nouvelles initiatives afin d’assurer l’avenir de ces jeunes.

Mais au-delà des ONG et des partenaires humanitaires, ce constat soulève une question fondamentale : où se trouve l’État haïtien ?

Alors que des organisations comme la SOFA se démènent pour pallier les carences des services publics, l’incertitude qui pèse sur l’avenir de ces 90 adolescents met en lumière les insuffisances des institutions étatiques. Pour que les efforts déployés ne soient pas vains et que ces enfants ne soient pas de nouveau abandonnés à leur sort, il est urgent que l’État prenne pleinement ses responsabilités en matière de protection de l’enfance et d’accès à l’éducation.

Ornessa Tessie Blanchard

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