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L’urgence d’une santé mentale universelle en Haïti

En prélude à la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque 10 octobre, le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), à travers son Unité de santé mentale, a réuni, ce vendredi 9 octobre 2026, les principaux acteurs du secteur sanitaire et humanitaire à la salle Horizon de l’hôtel Montana. Cette rencontre d’échange et de bilan s’est tenue en présence de plusieurs organisations et partenaires clés, dont l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Direction sanitaire de l’Ouest (DSO), le Centre psychiatrique Mars & Kline et l’OPS/OMS. Elle était axée sur le thème mondial « Expériences vécues entendues : de vraies voix, de vrais changements » et le sous-thème national « Soutenons la désinstitutionnalisation ».

Cette rencontre a permis de mettre en lumière des réalisations majeures, souvent méconnues du grand public, tout en soulignant la nécessité pour l’État de garantir un accès universel aux services de santé mentale sur l’ensemble du territoire national.

Bien que ces bilans témoignent d’efforts considérables sur le terrain, une grande partie de la population reste peu informée des initiatives et des services de prise en charge gratuits proposés par l’État et ses partenaires.

Face à la crise humanitaire qui touche l’ensemble de la population, les intervenants ont rappelé que la santé mentale ne doit pas être un privilège réservé à une catégorie de personnes ni un service limité à certains sites accueillant des personnes déplacées, mais un service public accessible à tous. Le rétablissement de la confiance au sein des communautés a été présenté comme un enjeu majeur, qui exige des réponses coordonnées en matière de sécurité, d’accès au logement, de soutien psychosocial et de protection des droits de chaque Haïtien.

Les débats ont également accordé une attention particulière à la vulnérabilité des enfants, confrontés aux traumatismes liés aux déplacements, ainsi qu’aux risques croissants associés à la consommation de drogues et de substances psychoactives dans les milieux précarisés.

Parallèlement, la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre (VBG) a constitué un axe majeur des interventions. Grâce au déploiement de psychologues, de travailleurs sociaux et de plus d’une centaine de stagiaires sur 35 sites, la Direction sanitaire de l’Ouest a rapporté et accompagné 342 cas de VBG. Elle a également mené des activités éducatives auprès des jeunes et réalisé plus de 3 500 entretiens individuels.

De leur côté, l’OIM et le Centre psychiatrique Mars & Kline ont accompagné des milliers de bénéficiaires et fourni des soins psychiatriques spécialisés ainsi que des médicaments à 264 patients.

Au-delà des urgences actuelles, l’Unité de santé mentale du MSPP et ses partenaires ont plaidé en faveur d’une meilleure communication publique afin que chaque citoyen soit informé de ses droits et des ressources disponibles. Ils ont également souligné la nécessité d’intégrer les conséquences du changement climatique dans la formation des professionnels de santé et d’investir durablement dans les structures publiques, afin de bâtir un système de santé mentale inclusif, équitable et véritablement accessible à l’ensemble de la population haïtienne.

Ornessa Tessie Blanchard

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