

Une séance de travail s’est tenue à l’hôtel Montana, ce vendredi 2 octobre 2026, sur la modification de certains articles du décret électoral du 2 juin 2026. Une trentaine d’articles ont été amendés afin de favoriser une meilleure participation des partis politiques. Selon les initiateurs, chaque modification vise à régulariser la participation active de toutes les formations politiques et à garantir le bon déroulement des élections.
Selon l’article 12, le Conseil électoral provisoire (CEP) a l’obligation de produire, tous les trois mois, un rapport sur le déroulement du processus électoral, dans un délai de 30 jours. Ces rapports seront publiés sur le site du CEP, a fait savoir son président, Peterson Pierre Louis.
Ces déclarations ont toutefois provoqué de vives tensions dans la salle. Les acteurs politiques ont réclamé une brochure reprenant l’ensemble des modifications, afin d’analyser et de discuter, article par article, les changements proposés. Ils estiment que l’absence de ce document constitue un manque de respect envers les partis politiques.
Pour Mathias Pierre, le CEP joue un jeu avec les acteurs politiques, car les prévisions pour l’organisation des élections ne sont pas favorables. Sur environ 6 000 000 de personnes habilitées à voter, seulement 600 000 se sont inscrites comme électeurs, alors que la période d’inscription prend fin aujourd’hui, selon l’ancien calendrier électoral. Il demande au CEP de faire preuve d’honnêteté et d’alléger certaines pièces exigées des candidats. Selon lui, la date réaliste pour organiser le scrutin serait plutôt mars 2027.
D’autres acteurs demandent formellement la révision des articles 153 et 157 du nouveau décret que le CEP souhaite promulguer pour le prochain scrutin. Ils jugent inadmissible que des fonctionnaires, notamment le petit personnel, soient considérés comme démissionnaires de la fonction publique dès lors que leur candidature est agréée par le CEP.
La vice-présidente du groupement politique Délivrance, Djina Guillet Delatour, réclame pour sa part une exonération équitable pour tous les partis et groupements politiques, ainsi qu’un financement réparti de manière équitable. Elle demande également la prolongation des inscriptions, tant pour les électeurs que pour les candidats. Elle sollicite en outre l’annulation de la mesure obligeant l’électeur à voter à l’endroit où il s’est inscrit, une décision qu’elle juge aberrante de la part du CEP. Selon elle, la révision du calendrier électoral est primordiale, car les élections doivent se dérouler conformément aux attentes des partis politiques.
Cette séance de travail, censée apaiser les relations entre le CEP et la classe politique, a surtout mis en lumière un déficit de concertation. Modifier une trentaine d’articles sans remettre aux principaux concernés un document de référence interroge sur la volonté réelle du CEP d’associer les partis au processus. Avec seulement 10 % des électeurs potentiels inscrits à la clôture des inscriptions, les doutes sur la faisabilité du calendrier se renforcent. Si le CEP veut restaurer la confiance, il lui faudra répondre rapidement à ces revendications : brochure, révision des articles contestés, prolongation des inscriptions et calendrier réaliste. À défaut, c’est la crédibilité même du scrutin qui risque d’être entamée.
Bob Landers souffrant.


