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Les sanctions de l’ONU, un rempart contre le retour de personnalités controversées au pouvoir en Haïti

Le Conseil de sécurité des Nations unies a reconduit, le 14 octobre 2026, le régime de sanctions visant certaines personnalités politiques et économiques haïtiennes, à travers la résolution 2831. À l’approche des élections, cette décision soulève des interrogations sur la capacité des institutions haïtiennes à empêcher le retour au pouvoir de personnalités sanctionnées, dans un contexte marqué par la faiblesse de la justice et l’aggravation de la crise nationale.

Selon l’ONU, plusieurs personnalités ont contribué à la déstabilisation d’Haïti, notamment par des faits présumés liés au financement de groupes armés, au trafic d’armes, à des malversations et au trafic d’influence. Parmi les personnes visées figurent d’anciens dirigeants de l’État, dont Michel Martelly et Jocelerme Privert, ainsi que d’anciens présidents du Sénat et de la Chambre des députés, Youri Latortue et Gary Bodeau.

Cependant, l’efficacité de ces sanctions demeure limitée en l’absence de mécanismes nationaux capables d’y donner suite. Les faiblesses du système judiciaire et son instrumentalisation alimentent les inquiétudes quant à la possibilité pour certaines personnalités concernées de briguer à nouveau les plus hautes fonctions de l’État.

Les assouplissements apportés aux conditions de candidature par le nouveau décret électoral relancent également le débat sur les critères de probité et le contrôle des candidatures. Selon les informations évoquées, trois des douze candidats à la présidence inscrits sur le site du Conseil électoral, Michel Martelly, Jocelerme Privert et Gary Bodeau, seraient visés par des sanctions onusiennes. L’inscription de Michel Martelly, trois jours après l’adoption de la résolution, illustre les interrogations entourant la compatibilité entre les ambitions politiques et les exigences de responsabilité publique.

Au-delà du cas de ces personnalités, cette situation met en évidence un enjeu majeur : la capacité d’Haïti à garantir des règles électorales cohérentes, transparentes et appliquées sans discrimination. Les sanctions internationales peuvent constituer un mécanisme de vigilance, mais elles ne sauraient remplacer une justice nationale indépendante, capable d’enquêter, de poursuivre et de juger dans le respect des garanties légales.

En définitive, la crédibilité du processus électoral dépendra de la transparence des candidatures, de l’application des règles et de la volonté des autorités de lutter contre l’impunité. Dans un pays confronté à une crise sécuritaire, politique et humanitaire, l’enjeu dépasse le sort des personnalités sanctionnées : il concerne la restauration de l’État de droit et la stabilité d’Haïti.

Dieunel BELLEGARDE

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